Selon un sondage, 56% des 18-24 ans ont déjà consulté des influenceurs spécialisés dans les finances, dont 13% qui déclarent le faire régulièrement.
Près de six jeunes sur dix consultent des « fininfluenceurs »

Contrairement aux idées reçues, les jeunes ne regardent pas seulement des vidéos sur Instagram, TikTok ou YouTube sur le foot ou le maquillage. D’après un sondage dévoilé le 20 mars 2026 et réalisé par l’institut OpinionWay auprès d’un échantillon représentatif de 1 052 Français âgés de 18 ans et plus pour le compte de la fintech Invstore, 56% des 18-24 ans interrogés déclarent avoir déjà consulté des « fininfluenceurs ». Ce terme, issu de la contraction des mots « finances » et « influenceurs », désigne des créateurs de contenu sur les réseaux sociaux, spécialisés dans le domaine financier, principalement l’investissement boursier, le trading et les cryptomonnaies (bitcoin, ethereum…).
Parmi les jeunes aficionados des fininfluenceurs, 13% reconnaissent même les consulter « régulièrement ». Ces sortes de conseillers financiers 2.0 ne sont pas seulement connus auprès de la génération Z : près huit personnes interrogées sur dix disent les connaître. Mais l’écart générationnel est conséquent en la matière, puisqu’à peine 22% des sondés, tous âges confondus, consultent des fininfluenceurs.
Méfiance chez les plus âgés
La défiance à l’égard de ces pros de l’influence est de mise, avec 48% des répondants qui les évitent ou s’en méfient, en raison du risque d’arnaque ou de promesses de performances trompeuses. Pire : 74% des 65 ans et plus les regardent avec un œil critique, contre seulement 34% des 18-24 ans.
Outre l’âge, le niveau des revenus joue également. Toujours selon le sondage d’Invstore, 31% des Français gagnant moins de 2 000 euros par mois ont consulté des fininfluenceurs pour leurs finances, contre 16% de ceux dont les revenus sont supérieurs à 3 500 euros par mois. « Ceux qui ont le moins de marge d’erreur sont précisément ceux qui s’en remettent le plus à des sources moins encadrées, et moins responsables légalement », constate la start-up lyonnaise.
Enfin, 25% des femmes consultent des fininfluenceurs, versus 19% des hommes. Cet écart s’expliquerait par le manque d’interlocuteur financier accessible aux yeux du public féminin, estime Investore. « La démocratisation de l’information financière via les réseaux sociaux cache ainsi une nouvelle inégalité : les publics les plus fragiles financièrement ne sont pas toujours ceux qui accèdent aux repères les plus sûrs », juge la plateforme patrimoniale qui ambitionne de faciliter l’accès des particuliers aux conseillers financiers.
À propos de l'auteur
Jean-Philippe Dubosc est rédacteur en chef de ToutSurMesFinances.com et spécialiste des questions de retraite obligatoire et d’épargne. Présent au sein du média depuis plus de 13 ans, il analyse les réformes, les dispositifs réglementaires et les stratégies de départ à la retraite, avec une approche fondée sur une lecture rigoureuse des textes et une connaissance approfondie des différents régimes de retraite.











