Franchises médicales : le gouvernement renonce au doublement du plafond annuel

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 2 minutes
Un pharmacien délivre des médicaments à une patiente

La ministre de la Santé vient d’annoncer que, contrairement à ce qu’elle avait déclaré fin juillet, le plafond annuel du reste à charge sur les médicaments, les consultations et les actes paramédicaux ne va pas doubler. Pour autant, il devrait augmenter pour dégager des économies.

Finalement, le plafond annuel des franchises médicales sur les médicaments et des participations forfaitaires sur les consultations ne va pas passer de 100 à 200 euros. Dans une interview publiée le 20 août 2026 dans Le Figaro, Stéphanie Rist a déclaré que, face à l’opposition des associations de patients et de certains professionnels de santé, le gouvernement a décidé de suspendre cette mesure destinée à réaliser des économies.

La ministre de la Santé avait annoncé, le 23 juillet 2026 sur RMC, la publication d’un décret dès cet été instaurant le doublement du plafond annuel des franchises médicales et des participations forfaitaires, afin de réduire le déficit de la Sécurité sociale qui atteint 21 milliards d’euros. Ces sommes, appliquées aux médicaments, aux consultations médicales, aux analyses de biologie médicale et examens de radiologie (radio, échographie, scanner, IRM…), aux actes paramédicaux (soins prodigués par les infirmiers, les kinésithérapeutes, les orthophonistes, les pédicures-podologues…) et au transport sanitaire (réalisé par une ambulance, un véhicule des sapeurs-pompiers, un taxi conventionné…), ne sont ni remboursées par l’Assurance maladie, ni par la « mutuelle ».

Une hausse jugée trop « brutale »

Stéphanie Rist a reconnu que ce doublement pouvait paraître « brutal ». Il avait été fortement dénoncé par la principale fédération de patients France Assos Santé, par le syndicat de médecins généralistes MG France et par le syndicat des infirmiers Convergence infirmière. « Les associations, les professionnels de santé, les patients nous ont dit qu’un doublement immédiat du plafond en une seule fois paraissait excessif. Nous l’avons entendu », a résumé la ministre.

Pour autant, le plafond devrait quand même augmenter. « Nous avons considéré qu’une correction fondée sur le coût de la vie était plus juste et plus lisible. Il vaut mieux une réforme certaine maintenant, qu’une plus hypothétique demain », a précisé Stéphanie Rist.

Une possible augmentation de 2%

Le plafond annuel des franchises médicales et des participations forfaitaires devrait donc être indexé sur la hausse des prix à la consommation. Selon les dernières prévisions de l’Insee rendues publiques le 14 août 2026, l’inflation pourrait s’élever à 2% cette année.

En revanche, le gouvernement ne souhaite pas, pour le moment, relever les montants des franchises et participations. La franchise médicale reste à 1 euro par boîte de médicaments et par acte paramédical et à 4 euros par transport sanitaire, tandis que la participation forfaitaire demeure à 2 euros par consultation, par analyse biologique et par examen de radiologie.

Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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