En 2024, presque la moitié des entreprises privées de 10 salariés ou plus indemnisaient tout ou partie des trois premiers jours d’arrêt maladie, non couverts par la Sécurité sociale, selon la Dares. Une pratique qui varie fortement selon la taille de la structure et la branche professionnelle
Arrêt maladie : 45% des entreprises indemnisent les jours de carence

Trois jours de carence ne signifient pas forcément trois jours sans indemnisation. En cas d’arrêt maladie, les salariés du privé perçoivent en principe les indemnités journalières (IJ) de l’Assurance maladie à partir du quatrième jour d’arrêt. Mais une convention collective, un accord d’entreprise ou une décision de l’employeur peuvent prévoir la prise en charge de tout ou partie des trois premiers jours.
Deux tiers des salariés travaillent dans une entreprise qui indemnise
En 2024, 45% des entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole indemnisaient tout ou partie de ces jours, selon une étude de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) publiée le 17 septembre 2026. Elles employaient 66% des salariés des structures de cette taille. Et lorsqu’elles prennent en charge la carence, neuf sur dix couvrent les trois jours.
22% des entreprises couvrent ces jours pour tous leurs salariés et 23% le font pour une partie seulement. À l’inverse, 46% ne les indemnisent pas. Ces dernières emploient 27% des salariés concernés par l’étude de la Dares, qui dépend du ministère du Travail.
Deux fois plus d’entreprises indemnisent à partir de 500 salariés
Plus l’entreprise est grande, plus elle indemnise souvent les jours de carence. La proportion passe de 41% dans les sociétés employant entre 10 et 49 salariés à 81% dans celles qui en comptent au moins 500. Parmi ces dernières, 25% indemnisent tous leurs salariés et 56% une partie seulement.
Tout l’écart vient de ce second cas : la part des entreprises qui couvrent l’ensemble de leur personnel varie peu avec la taille.
De 13% à 85% des entreprises indemnisent les jours de carence selon la branche
Les écarts sont encore plus marqués d’une branche professionnelle à l’autre. Dans 66% des entreprises qui indemnisent les jours de carence, cette prise en charge est encadrée par un accord de branche ou une convention collective. L’accord d’entreprise est à l’origine de cette prise en charge dans 9% des cas, tout comme la décision unilatérale de l’employeur.
Dans la métallurgie et la sidérurgie, 85% des entreprises indemnisent tout ou partie des trois premiers jours d’arrêt maladie. La proportion atteint 74% dans les bureaux d’études et prestations de services aux entreprises, 73% dans les services de l’automobile et 71% dans les banques, établissements financiers et assurances.
Seulement 13% des entreprises de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme prennent en charge la carence. La proportion est de 16% dans le commerce principalement alimentaire et de 20% dans le nettoyage, la manutention, la récupération et la sécurité.
Une indemnisation plus fréquente avec une couverture syndicale
L’indemnisation concerne 71% des entreprises disposant d’une couverture syndicale, contre 34% de celles dépourvues d’instance représentative du personnel.
Elle est aussi plus fréquente dans les structures où se tiennent des négociations collectives : 68%, contre 40% en leur absence.
Journaliste spécialisé immobilier






