Retraites 2027 : gel des pensions ou abattement raboté, Lecornu s’en remet au Parlement

Par Olivier Brunet
Temps de lecture : 3 minutes
Retraites et budget 2027, l’attente continue

Moins de 6 milliards d’euros d’effort, petites pensions préservées… Dans une interview au journal Le Figaro, Sébastien Lecornu a fixé un cadre sur le sort réservé aux retraités, sans trancher.

En 2027, les retraités verront-ils leur abattement fiscal de 10% remis en cause, ou leurs pensions augmenter moins vite que l’inflation ? Le premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas arbitré, à l’approche de la présentation des budgets 2027, contrairement à ce qu’avaient annoncé plusieurs ministres il y a quelques jours. Le débat « sera tranché au Parlement », a déclaré le chef du gouvernement dans une interview publiée par Le Figaro le 17 septembre 2026. Seule certitude : les retraités participeront, comme d’autres (fonctionnaires, salariés en arrêt de travail), au redressement des comptes publics.

Gel des pensions en 2027 : les retraites les plus élevées dans le viseur

« Leur effort, qu’il porte sur une réduction de la niche fiscale ou sur un gel partiel des pensions, sera inférieur à 6 milliards d’euros », assure Sébastien Lecornu. Il déplore « que le débat public de ces derniers jours ait pu donner l’impression que les retraités seraient les seuls mis à contribution ». Globalement, le locataire de Matignon annonce un « effort budgétaire » de 54 milliards d’euros en 2027, qui combine maîtrise des dépenses publiques et suppression de certaines niches fiscales. Un volet où le Premier ministre se contredit lui-même : « nous n’augmenterons pas les impôts », répète-t-il, sachant que remettre en cause certains avantages fiscaux est synonyme d’augmentation des prélèvements obligatoires.

Le fait de revenir sur la revalorisation annuelle des retraites de base relève du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Sébastien Lecornu se dit « contre une année blanche totale », synonyme selon lui de « refuser de faire des choix ». Le Premier ministre se déclare ouvert à ce que les pensions les plus élevées ne soient pas revalorisées. « Pour […] les retraites les plus importantes […], le gel est possible », esquisse-t-il, sans fixer de seuil.

Une telle désindexation des retraites n’impliquerait pas de baisse, assure l’élu municipal de Vernon, dans l’Eure. « Aucune pension ne diminuera » et les petites retraites « seront protégées », répète-t-il.

Abattement fiscal de 10% des retraités : le flou persiste

Une réduction éventuelle de l’abattement de 10% sur les pensions de retraite relève quant à elle du projet de loi de finances (PLF). Il en avait déjà été question l’an passé : le gouvernement envisageait de le remplacer par un abattement forfaitaire, qui aurait défavorisé les retraités les plus aisés, avant de faire machine arrière pour faire adopter le budget. En 2026, l’abattement sur les pensions de retraite est plafonné à 4 439 euros par foyer fiscal.

Le 11 septembre sur Sud Radio, David Amiel assurait pourtant que « le Premier ministre arbitrera entre les différentes options ». Il chiffrait à plus de 6 milliards d’euros le coût d’une indexation de toutes les pensions sur l’inflation en 2027, une somme dont « on n’a pas aujourd’hui le premier euro ». Selon lui, « toute indexation même partielle sur l’inflation devra être financée par une baisse à proportion de l’abattement de 10% », jusqu’à sa suppression en cas d’indexation totale.

Ces non-choix illustrent les faibles marges de manœuvre dont dispose le gouvernement. Sans majorité, il devra composer avec les parlementaires pour faire voter les deux budgets. Les retraités ne seront donc fixés qu’en fin d’année, si les textes sont adoptés.

Olivier Brunet

Olivier Brunet

Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité

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