Le remboursement à 100% des malades chroniques reconnus en affection de longue durée a coûté 19,7 milliards d’euros à l’Assurance maladie en 2025, selon une étude.
Maladies chroniques : le coût de l’ALD a bondi de 72% en dix ans

Le coût du dispositif des affections de longue durée (ALD) ne cesse de grimper. Quinze millions de personnes en bénéficiaient en 2025, soit 22% des assurés de l’Assurance maladie, selon une étude publiée le 7 octobre par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees, le service statistique des ministères sociaux).
Ces patients concentraient 67% des 189 milliards d’euros de dépenses de santé remboursables, soit 127 milliards d’euros. Par assuré, ces dépenses étaient sept fois plus élevées que pour les autres assurés, en partie parce que les bénéficiaires d’une ALD sont généralement plus âgés.
Le diabète constituait l’ALD la plus fréquente, avec 4 millions de patients, devant le cancer (2,8 millions) et les affections psychiatriques de longue durée (1,8 million).
Un coût en hausse de 72% entre 2015 et 2025
Le dispositif ALD supprime le ticket modérateur sur les soins liés à la maladie. La somme de 19,7 milliards d’euros ne correspond donc pas aux dépenses de santé des patients en ALD. Elle représente le surcoût estimé pour l’Assurance maladie par rapport à une situation théorique sans dispositif ALD, à comportements de soins inchangés.
Ce coût était de 11,5 milliards d’euros en 2015. Il a progressé de 72% en euros courants entre 2015 et 2025, soit + 5,5% par an en moyenne, contre + 3,5% par an pour la dépense courante de santé.
L’étude distingue deux séries de facteurs. Les facteurs démographiques et épidémiologiques ont, à eux seuls, fait augmenter le coût du dispositif de 25% entre 2015 et 2025. Le vieillissement de la population y pèse pour 12 points de pourcentage, la progression du nombre de malades à âge constant pour 9 points et la croissance de la population pour 4 points.
L’évolution des dépenses de soins à âge et prévalence donnés a, de son côté, contribué à une hausse de 37%, notamment sous l’effet des innovations thérapeutiques.
L’écart de remboursement se creuse avec les autres assurés
Entre 2015 et 2025, le taux de remboursement par l’Assurance maladie est passé de 89,5% à 89,7% pour les assurés en ALD, en tenant compte des franchises, des participations forfaitaires et des dépassements d’honoraires dans le calcul. Pour les autres assurés, il a reculé de 62,2% à 58,9%. Les deux tiers de cette baisse sont intervenus en 2023 et 2024, après la réduction des remboursements des transports sanitaires et des soins dentaires, puis le doublement des franchises.
Les patients en ALD restent toutefois redevables des franchises, des participations forfaitaires et des dépassements d’honoraires, non couverts par le dispositif.
Les indemnités journalières dans le viseur du budget 2027
Certains coûts annexes n’entrent pas dans le périmètre de l’étude de la Drees, notamment l’exonération d’impôt sur le revenu dont bénéficient les indemnités journalières versées aux patients en ALD, qui ampute les recettes fiscales de l’État.
Le projet de budget 2027 s’attaque précisément à cet avantage : il prévoit d’imposer les indemnités journalières versées au titre d’une affection de longue durée, pour 50% de leur montant. Cette mesure doit encore être votée par le Parlement.
Journaliste spécialisé immobilier






