Les sapeurs-pompiers volontaires, qui font valoir leurs droits à la retraite depuis le 1er juillet, peuvent obtenir jusqu’à trois trimestres supplémentaires, selon la durée de leur engagement. Une circulaire vient de détailler le calcul des années de volontariat, le justificatif à fournir et les conséquences de ces trimestres sur la pension.
Pompiers volontaires : jusqu’à trois trimestres de retraite en plus

Dix ans de gardes, d’astreintes et d’interventions, la nuit ou le week-end, en plus de votre métier : cet engagement compte désormais pour votre retraite. Depuis le 1er juillet, les sapeurs-pompiers volontaires (SPV) bénéficient de trimestres de retraite supplémentaires au moment de liquider leurs droits.
Une circulaire de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav), datée du 30 septembre 2026, précise les modalités de cette majoration d’assurance instaurée par la réforme des retraites de 2023. Le document remplace une première circulaire publiée en juillet et étend le dispositif à Mayotte pour les retraites prenant effet à partir du 1er janvier 2027.
Au moins 10 ans d’engagement
Le nombre de trimestres attribués dépend de la durée totale de votre engagement : un trimestre à partir de 10 ans de volontariat, deux trimestres à partir de 20 ans et trois trimestres à partir de 25 ans. Ces trimestres s’appliquent aux retraites qui prennent effet depuis le 1er juillet 2026. Si vous êtes parti à la retraite avant cette date, vous ne pouvez pas en bénéficier.
La mesure concerne potentiellement de nombreux Français. Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, un peu plus de 200 000 personnes sont engagées comme SPV, soit 78% des effectifs des sapeurs-pompiers.
La durée calculée à l’arrondi inférieur
Votre engagement n’a pas besoin d’être continu. Toutes vos périodes de volontariat sont prises en compte, même lorsqu’elles sont discontinues. Leur durée est calculée de date à date. Pour les années civiles incomplètes, c’est-à-dire celles où vous n’avez été engagé qu’une partie de l’année, votre caisse de retraite additionne les jours, divise le total par 365, puis arrondit le résultat à l’entier inférieur.
La circulaire donne l’exemple d’un pompier volontaire engagé du 21 janvier 2001 au 26 mai 2007, puis du 13 mars 2010 au 6 octobre 2025. Il totalise 19 années civiles complètes. Ses quatre années incomplètes représentent 1 063 jours, soit 2,91 années, ramenées à 2 ans après application de l’arrondi. Avec 21 années d’engagement (19 ans + 2 ans), il obtient deux trimestres supplémentaires.
L’arrondi à l’entier inférieur peut coûter un trimestre. Un volontaire engagé du 1er janvier 1992 au 1er décembre 2007 totalise ainsi 15 années complètes et 334 jours : la circulaire retient 15 ans d’engagement, et non 16 ans. Si vous approchez d’un seuil de 10, 20 ou 25 ans, quelques semaines de volontariat supplémentaires peuvent donc faire la différence.
Un état des services à fournir
Pour obtenir ces trimestres, vous devez fournir un état des services établi par le dernier service départemental d’incendie et de secours (SDIS) dans lequel vous avez été engagé. Ce document doit mentionner la durée et les dates de votre engagement.
Si vous avez été volontaire avant 2002, rassemblez vos justificatifs le plus tôt possible. Avant la généralisation des SDIS par une loi de 1996, de nombreux SPV dépendaient d’une caserne communale. Les archives de cette époque ont pu rester en mairie ou rejoindre les archives départementales. La circulaire admet qu’une attestation établie par une mairie puisse justifier un engagement antérieur au 1er janvier 2002.
Une seule caisse
Vous ne recevrez pas ces trimestres en double si vous avez cotisé à plusieurs régimes de retraite au cours de votre carrière. Un seul régime les attribue. Si vous avez été salarié ou indépendant et affilié à un autre régime, c’est en principe l’Assurance retraite qui accorde la majoration. Si vous avez cotisé à un régime spécial, comme celui de la SNCF ou de la RATP, ce régime peut l’attribuer à la place de l’Assurance retraite, sous conditions.
Les trimestres concernent uniquement la retraite de base. Ils ne vous donnent aucun point supplémentaire dans votre retraite complémentaire (Agirc-Arrco pour les salariés, RCI pour les indépendants, RCO pour les agriculteurs, Ircantec pour les contractuels de la fonction publique…).
Moins de décote, mais pas de départ anticipé
Ces trimestres s’ajoutent à votre durée d’assurance. Ils vous aident donc à atteindre le nombre de trimestres exigé selon votre date de naissance pour toucher une retraite complète (à taux plein), c’est-à-dire sans décote. Ils augmentent aussi la part de votre carrière prise en compte dans le calcul de votre pension.
En revanche, ils ne vous permettent pas de partir avant l’âge légal. Ces trimestres ne sont, en effet, pas considérés comme ayant été cotisés. En conséquence, ils ne comptent pas pour accéder à la retraite anticipée pour carrière longue (RACL) qui permet aux actifs ayant commencé à travailler jeune et qui disposent de tous leurs trimestres de partir plus tôt.
Ces trimestres sont toutefois pris en compte pour le calcul du minimum contributif (MICO). Le MICO permet aux salariés respectant leur durée d’assurance de bénéficier d’une pension minimale. La majoration d’assurance est également comptabilisée dans les 150 trimestres nécessaires pour avoir droit à la retraite progressive. Ce dispositif permet, à partir de 60 ans, de passer à temps partiel tout en percevant une fraction de ses pensions.
Un supplément de retraite tous les mois
Prenons un salarié du privé né en 1966, qui doit justifier de 172 trimestres pour une retraite sans décote. Il a été pompier volontaire pendant 22 ans, mais n’a validé que 170 trimestres à l’âge légal. Son salaire annuel moyen, calculé sur ses 25 meilleures années, s’élève à 30 000 euros.
Sans la majoration d’assurance, il lui manquerait deux trimestres. Il subirait alors une minoration de 2,5% sur sa retraite (la décote s’élève à 1,25% par trimestre manquant). Sa pension de base atteindrait environ 14 455 euros par an.
Avec ses deux trimestres de pompier volontaire, il atteint les 172 trimestres requis et perçoit une retraite de base à taux plein de 15 000 euros par an. Le gain s’élève à environ 545 euros par an, soit près de 45 euros par mois, versés pendant toute sa retraite.
Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite






