Dans un rapport récent, l’OCDE constate que les cotisations vieillesse versées par les actifs de ses États membres dans les régimes de retraite obligatoire ne sont pas suffisantes pour assurer un quasi-maintien de leur niveau de vie à la retraite. En conséquence, ce club des pays développés appelle à développer l’épargne retraite.
Les salariés des pays riches n’épargnent pas assez pour leur retraite

Les cotisations vieillesse versées par les salariés des pays riches dans les régimes de retraite obligatoire ne suffisent pas à leur assurer que leur pouvoir d’achat ne chutera pas sensiblement après leur départ de la vie professionnelle. Tel est le constat du dernier rapport sur les pensions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) rendu public le 4 novembre 2026.
Cette étude de référence s’appuie sur les données des États membres de l’OCDE, qui réunit 38 pays développés d’Europe, des Amériques, d’Asie et d’Océanie(*). Elle montre que sur ce panel, seuls les Mexicains peuvent, grâce à leurs cotisations vieillesse obligatoires, atteindre le taux de remplacement cible, c’est-à-dire que leurs retraites représentent 70% de leur dernier salaire.
La France dans le Top 10
Dans les 37 autres pays, cotiser à la retraite obligatoire ne permet pas un quasi-maintien du niveau de vie une fois que l’on est retraité. La lanterne rouge revient à la Lituanie. Dans cet État balte, le « déficit de cotisation » dépasse les 20% (20,7% exactement). En d’autres termes, il faudrait que les salariés lituaniens cotisent 20% de plus pour arriver à un taux moyen de remplacement de 70% à la retraite.
Avec un déficit de cotisation d’un peu plus de 6% (6,22%) en moyenne, la France arrive au huitième rang des pays de l’OCDE. Elle se situe derrière le Mexique, la Turquie, le Costa-Rica, la Suède, la Slovaquie, la Nouvelle-Zélande et la Finlande.
La « capi » à la rescousse
Face à cette situation, l’OCDE ne préconise pas d’augmenter les taux de cotisation aux régimes de retraite obligatoire. Cette organisation d’obédience libérale, souvent présentée comme le « club des pays riches », milite plutôt pour un développement de la retraite par capitalisation.
Contrairement à la retraite par répartition, dans laquelle les cotisations des actifs servent à financer les pensions de retraités sur le principe de la solidarité intergénérationnelle, les cotisations dans la retraite par capitalisation permettent aux assurés de se constituer leurs propres rentes, sur le modèle de l’épargne. C’est pourquoi on parle aussi d’épargne retraite.
Problème : sur les 38 États membres de l’OCDE, seule la moitié (19 pays) disposent de plans d’épargne retraite obligatoires, constate l’institution dont le siège se situe au château de la Muette, à Paris. Et sur les 19 pays restants où ce genre de plan est facultatif, comme en France, moins de 50% des actifs y sont affiliés. Sans compter que dans ce dernier cas, l’affiliation s’avère souvent trop tardive pour générer une épargne retraite suffisante.
Rendre l’épargne retraite obligatoire
L’OCDE émet plusieurs propositions pour développer la retraite par capitalisation. En premier lieu, l’organisation préconise une généralisation des dispositifs d’épargne retraite obligatoires, dont une partie des cotisations pourrait être prise en charge par l’employeur. Ces dispositifs doivent être assortis d’incitations fiscales pour compenser le blocage des capitaux jusqu’au départ à la retraite.
C’est notamment le cas en France avec le plan d’épargne retraite (PER). Les versements volontaires réalisés sur un PER peuvent être déduits du revenu imposable, à hauteur d’un plafond revalorisé tous les ans.
Réduire les avantages successoraux
Plus surprenant, l’OCDE souhaite une baisse des avantages fiscaux des dispositifs d’épargne retraite en cas de décès de l’assuré. « Les incitations devraient encourager les personnes à dépenser leur argent pour leur retraite plutôt que pour transmettre leur patrimoine de manière fiscalement avantageuse. Une fiscalité cohérente peut contribuer à éviter les situations dans lesquelles l’épargne retraite n’est pas utilisée pour assurer un revenu de retraite », estime l’organisation.
La fiscalité successorale des PER « assurantiels » (environ 80% du marché) est ainsi particulièrement favorable. Si le souscripteur décède avant ses 70 ans, les capitaux transmis à la ou les personnes qu’il a désignées de son vivant comme son ou ses bénéficiaires sont exonérés d’impôt à hauteur de 152 500 euros par bénéficiaire désigné. De quoi inciter certains titulaires de PER à ne pas liquider leur plan à la retraite en vue de transmettre à leur décès sans imposition.
(*) Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada, Chili, Colombie, Corée du Sud, Costa Rica, Danemark, Espagne, Estonie, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Islande, Israël, Italie, Japon, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque (Tchéquie), Royaume-Uni, Slovaquie (République slovaque), Slovénie, Suède, Suisse, Turquie.
Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite






