Succession : huit parents sur dix veulent transmettre à leurs enfants

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 2 minutes
Des parents âgés avec leurs trois enfants

Alors que près de 9 000 milliards d’euros devraient être transmis en France d’ici 2040, 82% des parents jugent important de léguer un héritage à leur progéniture.

La très grande majorité des pères et des mères envisagent de laisser un héritage à leurs descendants. Selon un sondage publié le 20 mai 2026 et réalisé par l’institut Viavoice auprès de 1 000 personnes âgées de 18 ans et plus (dont 687 ont des enfants) pour le compte de la mutuelle d’épargne La France Mutualiste, 82% des parents interrogés jugent important de transmettre un legs à leur progéniture. Parmi eux, 42% estiment même cette transmission « tout à fait » importante.

Ces pourcentages sont d’autant plus instructifs que près de 9 000 milliards d’euros devraient être transmis en France d’ici 2040, soit l’équivalent de trois fois le produit intérieur brut (PIB) du pays. Ce transfert inédit de richesses dans l’histoire française, que certains nomment « la Grande Transmission », résulte des décès massifs actuels et à venir des « baby-boomers ». Cette génération, née entre 1945 et 1970, est trois fois plus nombreuse que les autres classes d’âge.

Un sujet tabou

Pour autant, ce sujet ne s’invite pas aux repas de famille. Toujours d’après le sondage de La France Mutualiste, 58% des personnes directement concernées, qu’elles soient amenées à hériter ou à transmettre, n’ont jamais abordé la question avec leurs proches. Ce n’est pas l’envie qui leur manque : 29% d’entre elles déclarent qu’elles souhaitent le faire, sans réussir toutefois à franchir le pas.

Du coup, 67% des futurs héritiers ne prennent pas en compte leur legs potentiel dans leur comportement d’épargne. Il faut dire que, sous l’effet de l’allongement de l’espérance de vie, les Français héritent aujourd’hui de leurs parents en moyenne après 55 ans. C’est-à-dire à un âge où les principales dépenses, comme l’acquisition de la résidence principale ou le financement des études supérieures des enfants, sont déjà réalisées.

Manque d’informations

L’autre frein relève du manque d’éducation financière. Quelque 44% des futurs héritiers ne se sentent pas suffisamment informés sur la façon de placer l’argent reçu à l’occasion d’une succession. Ce ratio grimpe à 57% pour les personnes qui n’ont jamais hérité.

La situation n’est guère meilleure du côté des futurs légateurs : 38% d’entre eux ne s’estiment pas informés sur la façon dont ils pourraient placer l’argent qu’ils souhaitent transmettre.

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Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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