Santé : les dépassements d’honoraires explosent

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 2 minutes
Un médecin et un patient dans un cabinet médical

Selon un récent rapport public, les consultations de médecins facturées au-delà des tarifs fixés par la Sécurité sociale augmentent de plus de 5% par an.

Consulter un médecin spécialiste coûte de plus en plus cher. Les dépassements d’honoraires médicaux ont augmenté, en moyenne, de 5,3% par an entre 2019 et 2025 d’après un rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) publié le 9 juin 2026.

Toutes spécialités confondues, la proportion de praticiens facturant leur consultation au-delà des tarifs fixés par la Sécurité sociale est passée de 37% en 2000 à environ 60% en 2025. Les gynécologues, les chirurgiens, les anesthésistes, les ophtalmologues et les psychiatres figurent parmi les spécialistes qui pratiquent le plus de dépassements d’honoraires.

Généralisation des médecins en secteur 2

Ce développement des dépassements résulte d’une généralisation du conventionnement en secteur 2, dans lequel les médecins sont autorisés à facturer au-delà des tarifs de la Sécu (contrairement au secteur 1). Toujours selon le HCAAM, 75% des jeunes spécialistes se sont installés en secteur 2 en 2024, contre 58% en 2010.

À ce rythme, les dépassements d’honoraires pourraient atteindre 10 milliards d’euros en 2040, versus 4,7 milliards d’euros en 2025. Soit un quasi doublement en l’espace de 15 ans seulement.

Une iniquité de remboursements

Problème : l’Assurance maladie ne rembourse pas les dépassements d’honoraires. Certes, les complémentaire santé peuvent prendre en charge les dépassements. Mais tout dépend des contrats. Si 90% des personnes couvertes par un contrat collectif bénéficient d’un remboursement total ou partiel, le pourcentage tombe à 60% pour les contrats individuels.

En effet, les « mutuelles d’entreprise », dont au moins 50% des cotisations doivent être prises en charge par l’employeur, offrent généralement de meilleures garanties. Pour rappel, la loi oblige les entreprises à souscrire un contrat collectif de complémentaire santé dès lors qu’elles emploient un salarié.

Pour limiter le reste à charge (la somme restante à payer par le patient une fois les remboursements de l’Assurance maladie et de la mutuelle appliqués), le HCAAM ne milite pas pour une hausse des cotisations qui réduirait le pouvoir d’achat des assurés. Le Haut Conseil préconise plutôt une limitation des dépassements et/ou une réduction des effectifs de médecins conventionnés en secteur 2. Le conventionnement pourrait ainsi être conditionné à un certain nombre d’années d’expérience (par exemple, cinq ou dix ans de pratique médicale).

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Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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