Le gouvernement a confirmé abaisser de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l’abattement fiscal de 10% des retraités, pour économiser 1,4 milliard d’euros. La mesure et ses paramètres sont soumis au débat parlementaire.
Abattement des retraités : plafond à 3 000 euros, 4,6 millions de foyers mis à contribution

L’abattement de 10% sur les pensions de retraite a finalement été conservé par le gouvernement, mais celui-ci a décidé d’en réduire le montant. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, présenté le 1er octobre 2026 en Conseil des ministres par le ministre de l’Economie et des Finances Roland Lescure, a sans surprise proposé d’abaisser son plafond de 4 439 à 3 000 euros par foyer fiscal. Un tiers des 13,4 millions de foyers percevant une retraite seraient concernés, soit 4,6 millions.
Le texte ne supprime pas le plafond actuel : il lui ajoute un sous-plafond de 3 000 euros, réservé aux pensions de retraite, qui entraîne un calcul de l’impôt sur le revenu (IR) moins favorable pour les retraités visés. Les pensions alimentaires et d’invalidité resteraient soumises aux règles en vigueur, soit un plafond qui serait revalorisé à 4 532 euros en tenant compte de la revalorisation de 2,1% prévue dans le PLF. Pour justifier la mesure, Bercy invoque coût de l’abattement de 10% sur les pensions, créé en 1978, qui a augmenté de 60% en quinze ans. Le nouveau plafonnement doit le réduire d’environ 25%.
Le plafond à 3 000 euros toucherait principalement les couples
La ligne de partage se situe désormais autour de 30 000 euros de pensions déclarées par an pour un foyer, soit l’équivalent de 2 500 euros par mois pour un célibataire et à 1 250 euros par mois et par conjoint pour un couple, contre 44 390 euros cette année. « Cette mesure n’aurait pas pour effet de rendre imposables des retraités célibataires aujourd’hui non imposables », a calculé Henry Préaux, avocat chez Fidal. Pour un couple de retraités, le seuil d’imposition « serait en revanche abaissé de 36 842 à 36 158 euros de pensions cumulées, touchant des couples aux pensions modestes à moyennes, de l’ordre de 1 500 euros par mois chacun », poursuit-il. L’avocat estime le surcoût maximum à 690 euros par foyer. Rapporté aux pensions, l’effort « ne dépasserait pas environ 1% ».
En plus du montant d’IR, la mesure aurait des conséquences indirectes. Elle entraînerait, pour les retraités concernés, une augmentation du revenu fiscal de référence (RFR), qui entre en ligne de compte pour déterminer les taux de contribution sociale généralisée (CSG), le droit à des allègements de taxe foncière et à certaines prestations sociales soumises à conditions de ressources.
Dès les revenus 2026, sous réserve de l’adoption au Parlement
La mesure s’appliquera dès l’imposition des revenus de 2026, soit l’impôt payé en 2027. Le plafond de 3 000 euros ne resterait pas figé : comme le plafond actuel, il sera révisé chaque année en fonction de l’inflation. Sans cette indexation, l’impôt dû aurait augmenté d’année en année, au fil des revalorisations des pensions.
Cependant, ces modalités sont loin d’être définitives. Dans le cadre des discussions sur le budget 2027 au Parlement, le gouvernement a lié le sort de cette mesure à la désindexation des retraites, totale ou partielle, qui viserait les pensions supérieures à 1 260 euros, l’ensemble des deux mesures devant rapporter 5,5 milliards d’euros. Selon la copie actuelle de l’exécutif, 1,4 milliard d’euros proviennent de cette mesure et 4 milliards d’une revalorisation partielle des pensions.
Abattement rétabli ou totalement supprimé, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, n’exclut pas que les parlementaires modifient les paramètres de la mesure. « Peut-être que la discussion parlementaire amènera autre chose », a-t-il conclu.
Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité






