Le logement absorbait 32,1% des revenus des 25% de ménages les plus modestes en 2024, contre 31% en 2014, selon une étude de l’Insee. Le poids des aides au logement, lui, a diminué.
La part du budget des ménages consacrée au logement a baissé en dix ans. Mais pas pour les plus modestes. Une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) publiée le 23 septembre 2026(*), révèle que les ménages de France (hors Mayotte) consacraient en moyenne 16,8% de leurs revenus à leur résidence principale début 2024, aides au logement déduites. Dix ans plus tôt, ce « taux d’effort net » atteignait 18,3%.
Moins d’aides au logement pour les plus modestes
La tendance s’est inversée pour les 25% de ménages les plus modestes. Leur taux d’effort net est passé de 31% à 32,1% en dix ans, soit une hausse de 1,1 point de pourcentage. Avant déduction des aides au logement, ils consacraient pourtant 39% de leurs revenus à leur résidence principale, contre 40,8% en 2014.
Les aides au logement ne représentaient plus que 6,9% de leurs revenus, contre 9,8% dix ans auparavant. Leur diminution a poussé à la hausse le taux d’effort net des ménages les moins aisés, relève l’Insee.
Tous ménages confondus, ces aides ont diminué de 18% entre 2014 et 2024. L’institut cite plusieurs réformes, dont la prise en compte de revenus plus récents des allocataires à partir de janvier 2021 et la suppression des aides à l’accession pour les prêts signés depuis janvier 2020.
Une baisse portée par la fin de la taxe d’habitation
À l’échelle de l’ensemble des ménages, le taux d’effort net a, au contraire, diminué de 1,5 point en dix ans. Le taux d’effort brut a baissé de 1,9 point, dont 1,4 point lié à la suppression progressive de la taxe d’habitation sur les résidences principales entre 2018 et 2023.
Les loyers et les mensualités de remboursement ont également progressé moins vite que les revenus sur la période. Les premiers ont augmenté de 21% et les secondes de 20%, contre une hausse de 25% des revenus.
Dans le détail, loyers et remboursements d’emprunts représentaient 10,7% des revenus début 2024. S’y ajoutaient les dépenses énergétiques (3,5%), les charges et dépenses en eau (1,9%) et la taxe foncière pour les propriétaires (1,4%). Les aides au logement réduisaient cette charge de 0,8% des revenus.
De 7,4% à 25,4% des revenus selon le statut d’occupation
Selon le statut d’occupation, le taux d’effort net atteignait 25,4% pour les locataires du parc privé et 24% dans le parc social. Il s’établissait à 23,3% pour les propriétaires qui remboursaient un emprunt et à 7,4% pour ceux qui n’en avaient plus.
Au total, plus de huit ménages sur dix consacraient moins de 33% de leurs revenus à leur logement. À l’autre bout de l’échelle, un ménage sur dix affichait un taux d’effort supérieur à 40%.
(*)« Le logement pèse moins sur le budget des ménages en 2024 qu’il y a dix ans, sauf pour les plus modestes », Insee Première n° 2128.
Journaliste spécialisé immobilier







