Succession, donations : Marylise Léon (CFDT) veut une taxation dès le premier euro

Par Olivier Brunet
Temps de lecture : 2 minutes
La secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon le 25 août 2026 sur RTL

La secrétaire générale de la CFDT a proposé le 25 août sur RTL de taxer la transmission de patrimoine dès le premier euro. Une idée qui reviendrait à supprimer les abattements et exonérations en vigueur.

Les successions et donations seront-elles bientôt taxées dès le premier euro, sans abattement ? Invitée de RTL le 25 août 2026, la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon s’est dite « favorable à une révision de l’impôt sur les successions ». « Dès le premier euro de succession ou de donation, on est pour l’application d’un pourcentage d’imposition », a développé la responsable syndicale. Le sujet revient dans le débat à l’approche de la présentation du projet de loi de finances pour 2027 et de l’élection présidentielle. La dirigeante syndicale y voit une mesure de justice sociale et de justice fiscale, tout en s’interrogeant sur la volonté des responsables politiques d’assumer une réforme qui « pourra bouleverser une partie de leur électorat ».

Un prélèvement de 1% dès le premier euro

La position ne date pas d’hier, comme le rappelle Marylise Léon. Le sujet a été « débattu en congrès il y a plus de quatre ans maintenant ». Réunie à Lyon en 2022, la CFDT a alors acté la création d’un prélèvement de 1% dès le premier euro sur l’ensemble des successions et des donations. Le produit de cette taxation serait affecté au financement de la perte d’autonomie. Dans ses revendications écrites, le syndicat y voit aussi une manière de réduire les inégalités de patrimoine, en « limitant » les abattements fiscaux actuellement en vigueur.

Droits de succession et de donation : abattements et taux en vigueur

L’adoption d’une telle proposition représenterait un chamboulement des règles applicables. Actuellement, toute donation ou succession bénéficie d’une franchise d’imposition. Au décès, le conjoint survivant est totalement exonéré depuis 2007, tout comme le partenaire de Pacs désigné par testament. Chaque enfant profite d’un abattement de 100 000 euros sur sa part, contre 15 932 euros entre frères et sœurs, 7 967 euros pour un neveu ou une nièce et 1 594 euros pour un tiers. Au-delà, le barème des droits de succession s’échelonne de 5% à 45% en ligne directe.

Les donations suivent des règles voisines, mais distinctes. Aucune exonération totale n’existe, pas même entre époux. L’abattement atteint 100 000 euros entre un parent et son enfant, 80 724 euros entre époux ou partenaires de Pacs et 31 865 euros d’un grand-parent à un petit-enfant, auxquels s’ajoute la possibilité d’un don familial de sommes d’argent exonéré à hauteur de 31 865 euros. Ces abattements sur les droits de donation se reconstituent tous les 15 ans, ce qui permet d’étaler une transmission dans le temps avec une imposition nulle ou réduite.

Les donations et succession, appelées « mutations à titre gratuit » par l’administration fiscale, alimentent les caisses de l’État à hauteur de plus de 20 milliards d’euros par an. Selon le cahier statistiques 2025 de la Direction générale des finances publiques (DGFiP), les successions ont procuré 16,1 milliards d’euros de recettes l’an dernier et les donations 5,1 milliards d’euros, deux montants en hausse par rapport à 2024.

Olivier Brunet

Olivier Brunet

Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité

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