Taxe d’habitation sur les résidences secondaires : 10% de logements taxés en moins en 2025

Par Olivier Brunet
Temps de lecture : 3 minutes
Baisse du nombre de résidences secondaires soumises à la taxe d'habitation en 2025

La fiabilisation des données fiscales a permis de réduire le nombre de résidences secondaires taxées en 2025. Mais le montant moyen de taxe d’habitation a légèrement augmenté par rapport à 2024.

Moins de logements ont été soumis à la taxe d’habitation sur les résidences secondaires (THRS) en 2025. Le nombre d’appartements imposés a chuté de 12,4% et celui des maisons de 8,4% par rapport à 2024, selon une note statistique publiée le 20 octobre 2026 par la Direction générale des finances publiques (DGFiP). Globalement, le nombre de locaux imposés a décliné de 10,6% d’une année sur l’autre, pour tomber à 2,7 millions, contre 3 millions en 2024.

Une baisse liée à la correction des erreurs de taxation

Cette diminution s’explique principalement par une meilleure identification des logements imposables. L’administration fiscale a amélioré ses procédures de taxation, notamment après les corrections apportées l’outil « Gérer mes biens immobiliers » (GMBI). Depuis 2023, les propriétaires doivent y déclarer l’occupation de leurs logements et signaler les changements de situation. Cette déclaration des biens immobiliers permet au fisc de distinguer les résidences principales, désormais exonérées de taxe d’habitation, des résidences secondaires et des logements vacants.

Le lancement de GMBI s’est toutefois accompagné de nombreux dysfonctionnements. Selon la Cour des comptes, plus d’un million de contribuables avaient été imposés par erreur en 2023 à la taxe d’habitation ou à la taxe sur les logements vacants. Les dégrèvements avaient dépassé 1,3 milliard d’euros, entièrement supportés par l’État.

Les erreurs de taxation ont notamment touché les étudiants. En novembre 2023, plusieurs milliers d’entre eux ont reçu à tort un avis de THRS pour leur logement étudiant. Dans une réponse parlementaire publiée le 4 juin 2024, le gouvernement a expliqué que ces erreurs provenaient notamment de l’absence ou de l’inexactitude de l’adresse du logement étudiant dans la déclaration de revenus de leurs parents. Le fisc ne pouvait alors pas recouper correctement cette information avec la déclaration d’occupation remplie par le propriétaire. L’administration a depuis modifié la déclaration de revenus pour limiter ces erreurs.

La fiabilisation des données a permis de réduire les dégrèvements de THRS de 700 millions d’euros en 2024 à 300 millions en 2025, soit une baisse de 57%.

Taxe d’habitation de 1 094 euros en moyenne en 2025

Le montant total de taxe d’habitation sur les résidences secondaires mis à la charge des contribuables a reculé de 9,7%, pour tomber à 2,9 milliards d’euros en 2025. En ajoutant les dégrèvements pris en charge par l’État, les recettes des collectivités locales ont diminué de 17,9%, passant de 3,9 à 3,2 milliards d’euros.

Malgré ce recul des sommes encaissées, la facture moyenne a légèrement augmenté, passant de 1 083 euros en 2024 à 1 094 euros en 2025. Elle atteint 1 282 euros pour un appartement en 2025, contre 1 251 euros en 2024, et 1 051 euros pour une maison, contre 1 010 euros.

La THRS concerne principalement les particuliers : ils représentent 92% des redevables. Parmi les résidences secondaires dont l’occupant déclare ses revenus en France, 36% sont occupées par des foyers appartenant aux 10% les plus aisés. Ces derniers acquittent environ un milliard d’euros de THRS, soit un tiers du total.

Enfin, quelque 260 000 résidences secondaires, soit environ 10%, sont occupées par des contribuables résidant à l’étranger. Le montant total de THRS correspondant a augmenté de 3% en 2025, contrairement à celui des autres redevables.

Olivier Brunet

Olivier Brunet

Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité

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