Succession : pourquoi 72% des Français n’ont rien préparé

Par Loic Farge
Temps de lecture : 2 minutes
La préparation de la succession reste un angle mort pour une large majorité des Français

Un sondage révèle que près de trois de nos compatriotes sur quatre n’ont entrepris aucune démarche pour préparer la transmission de leur patrimoine. En cause : le sentiment d’avoir le temps, mais aussi un réel manque d’information.

La préparation de la succession reste un angle mort pour une large majorité des Français. Ils sont pourtant près de huit sur dix (79%) à juger les droits de succession excessifs. Mais un paradoxe saute aux yeux : ceux-là mêmes qui dénoncent une fiscalité confiscatoire ignorent, à 81%, les dispositifs légaux qui permettraient de l’alléger. Résultat : 72% des Français n’ont engagé aucune action pour préparer la transmission de leur patrimoine, selon un sondage publié par l’institut Discurv pour le réseau indépendant de conseillers en gestion de patrimoine Inovéa(*).

Dans le détail, 59% des personnes interrogées n’ont pris aucune mesure et 12% reconnaissent ne pas savoir quelles solutions existent. Seuls 29% ont déjà activé au moins un levier (testament, donation, assurance vie ou démembrement).

Une taxation massivement jugée confiscatoire

Ce sentiment d’une fiscalité trop lourde nourrit une forte demande d’allègement : une large majorité se prononce en faveur d’une exonération, à des niveaux variables. Les seuils de 300 000 euros (29%) et de 100 000 euros (20%) recueillent le plus de suffrages, tandis que seuls 11% se disent opposés à toute exonération.

Pourquoi une telle inaction ? Plus d’un tiers des personnes interrogées (34%) estiment avoir encore le temps d’y réfléchir. Un quart (25%) considère ne pas disposer d’un patrimoine suffisant à transmettre. D’autres préfèrent esquiver un sujet qui renvoie à la fin de vie (13%), jugent les règles trop complexes (13%) ou ne savent pas vers quel professionnel se tourner (11%).

Des dispositifs légaux largement méconnus

Le déficit d’information, déjà pointé, se confirme dans le détail : 45% des répondants ignorent totalement l’existence des mécanismes permettant de réduire légalement les droits de succession, et 36% savent qu’ils existent sans pouvoir les identifier. Seuls 19% déclarent les maîtriser.

Conséquence : 60% s’estiment insuffisamment informés pour prendre les bonnes décisions s’ils devaient hériter ou transmettre dès demain. À l’inverse, seuls 40% se disent plutôt ou tout à fait capables de faire les bons choix.

Des risques identifiés, mais rarement anticipés

Les dangers d’une transmission mal préparée sont pourtant largement perçus. Plus de sept Français sur dix (71%) redoutent des conséquences financières lourdes pour les héritiers. Malgré cette lucidité, près d’une personne sur deux (49%) n’a jamais sollicité ni envisagé de consulter un spécialiste de la transmission patrimoniale pour l’accompagner dans ces démarches. Ils sont 24% à y songer et seulement 19% à avoir déjà franchi le pas.

Quant au moment idéal pour s’y atteler, les sondés penchent pour la cinquantaine : 28% citent la tranche 50-60 ans et 23% celle des 60-70 ans. Ils ne sont que 21% à estimer qu’il faut commencer avant 50 ans.

(*) Méthodologie : étude réalisée par l’institut Discurv pour Inovéa le 25 juin 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes.

Loic Farge

Loic Farge

Journaliste spécialisé immobilier

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