Retraite : un coup de pouce pour certains pompiers volontaires

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 3 minutes
Des sapeurs-pompiers en train de combattre un incendie de forêt

Les sapeurs-pompiers volontaires se voient désormais octroyer un à trois trimestres de retraite supplémentaires selon la durée de leur engagement. Une majoration entrée en vigueur pour les retraites liquidées à compter du 1er juillet dernier.

Voilà une nouvelle qui va donner du baume au cœur aux soldats du feu, particulièrement mobilisés cet été par les incendies qui ravagent l’ouest et le sud du pays : des trimestres « gratuits », c’est-à-dire sans contrepartie de cotisations vieillesse, sont dorénavant attribués à certains sapeurs-pompiers volontaires (SPV). De quoi leur permettre de ne pas subir de décote sur leur retraite, voire de bénéficier d’une surcote.

Contrairement aux sapeurs-pompiers professionnels (SPP) qui sont des fonctionnaires territoriaux et ceux de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) et du bataillon des marins pompiers de Marseille (BMPM) qui sont des militaires, les SPV reçoivent une indemnité et non une rémunération. Or, cette indemnité n’est pas assujettie aux charges sociales, dont les cotisations vieillesse. En d’autres termes, les SPV, qui représentent 80% des sapeurs-pompiers en France, ne perçoivent pas de retraite au titre de leur engagement.

Engagement d’au moins 10 ans, 20 ans ou 25 ans

Certes, la quasi-totalité des pompiers volontaires travaillent à côté de leur volontariat et cotisent donc à la retraite. Reste que leur engagement est prenant, très risqué et primordial pour la société, comme on peut le constater actuellement. C’est pourquoi la réforme des retraites de 2023 a instauré une bonification de retraite pour les sapeurs-pompiers volontaires. Selon un décret publié au Journal officiel du 21 janvier 2026, les SPV, dont la période d’engagement est d’au moins 10 ans, se voient octroyer un trimestre de retraite, deux trimestres avec une durée totale d’engagement d’au moins 20 ans, et trois trimestres avec une durée d’au moins 25 ans.

Il ne fallait plus qu’une circulaire de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) pour que ce nouveau droit soit appliqué par les caisses de retraite. C’est chose faite depuis le 23 juillet 2026. La circulaire de la Cnav précise que la majoration de trimestres pour les pompiers volontaires est entrée en vigueur seulement pour les retraites liquidées depuis le 1er juillet dernier.

Pour tous les actifs, hormis les professions libérales

Selon le statut professionnel du SPV, la bonification est prise en compte par l’Assurance retraite, le régime de retraite de base des salariés des entreprises et associations, des artisans et des commerçants ; par la Mutualité sociale agricole (MSA), le régime de retraite des salariés et non-salariés agricoles ; par le Service des retraites de l’État (SRE), le régime de retraite des fonctionnaires civils d’État, des militaires et des magistrats ; par la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), le régime de retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers ; et par les régimes « spéciaux » des entreprises et établissements publics (SNCF, EDF, RATP, Banque de France…). La Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL) manque à l’appel.

Ces trimestres en plus sont comptabilisés dans la durée d’assurance du pompier volontaire, soit le nombre de trimestres de cotisation exigé pour percevoir une retraite à taux plein qui varie de 166 à 172 trimestres selon l’année de naissance. Cette bonification peut permettre au SPV de réduire sa décote (une minoration de 1,25% par trimestre manquant) s’il ne respecte pas sa durée d’assurance à son départ à la retraite, ou même de bénéficier d’une surcote sur sa pension de base (une majoration de 1,25% par trimestre supplémentaire travaillé). En revanche, elle ne permet pas d’accéder à une retraite anticipée (avant l’âge minimum de départ, fixé de 62 à 64 ans en fonction de la date de naissance).

Pour accéder à la bonification de trimestres, le SPV doit joindre à sa demande de retraite un état des services établi par le dernier service départemental d’incendie et de secours (SDIS) dans lequel il était engagé. Le document doit préciser la durée et la période de son engagement en tant que sapeur-pompier volontaire.

À lire également : Retraite : l’accès à vos informations simplifié

Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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