À compter du 1er janvier, l’Assurance maladie va réduire ses remboursements sur les soins dentaires, certains médicaments, les pansements ou encore les transports sanitaires.
Baisse des taux de remboursement de la Sécurité sociale 2027 : quels soins concernés ?

Votre reste à charge risque d’augmenter l’année prochaine. Quatre décrets publiés au Journal officiel du 22 août 2026 instaurent une baisse des remboursements de l’Assurance maladie pour plusieurs catégories de soins, de médicaments et de dispositifs médicaux.
Ces nouvelles règles, qui entreront en vigueur le 1er janvier 2027, visent à réduire les dépenses de la Sécurité sociale dans un contexte de forte dégradation de ses comptes. Concrètement, la part de prise en charge de l’Assurance maladie va diminuer pour les consultations et soins dentaires, certains médicaments et dispositifs médicaux, ainsi que les transports sanitaires.
Tous les assurés ne seront toutefois pas concernés. Si vous souffrez d’une affection de longue durée (ALD), comme un cancer, un diabète ou une hypertension, vous continuerez à bénéficier d’une prise en charge à 100% de l’Assurance maladie pour les soins en rapport avec votre ALD.
Les soins dentaires visés par la baisse des remboursements
C’est l’un des changements qui devrait être le plus perceptible. À compter du 1er janvier 2027, les consultations chez le chirurgien-dentiste et les soins dentaires courants ne seront plus remboursés qu’à hauteur de 50% de la base de remboursement de la Sécurité sociale (BRSS), contre 60% actuellement.
La baisse concernera notamment le détartrage, le traitement des caries ou encore l’extraction d’une dent. Attention toutefois : ce taux s’applique à la BRSS et non à la somme effectivement facturée par le professionnel de santé, notamment en cas de dépassement d’honoraires.
À noter : les rendez-vous annuels de prévention dentaire « M’T dents tous les ans ! », destinés aux patients âgés de 3 à 24 ans, continueront à être intégralement pris en charge par l’Assurance maladie.
Certains médicaments beaucoup moins remboursés
Le coup de rabot sera particulièrement important pour certains médicaments. Ceux dont le service médical rendu (SMR) est considéré comme modéré ne seront plus remboursés qu’à 15% par l’Assurance maladie, contre 30% actuellement. C’est-à-dire deux fois moins. Cette catégorie comprend notamment le Vogalène, utilisé contre les nausées et les vomissements, ou encore l’Imodium, destiné au traitement des diarrhées.
La baisse sera encore plus forte pour les médicaments dont le SMR est jugé faible. Leur remboursement, actuellement fixé à 15%, tombera à un taux compris entre 3% et 7%. Le Spasfon, utilisé notamment contre les maux de ventre et les règles douloureuses, ou le Pivalone, prescrit pour le nez bouché, feront partie des traitements concernés.
Une exception est prévue pour les femmes enceintes. Elles continueront à bénéficier d’une prise en charge de ces médicaments à 100% par l’Assurance maladie.
Pansements et dispositifs médicaux : reste à charge en hausse
La baisse des remboursements ne s’arrêtera pas aux médicaments. Certains dispositifs médicaux, dont les pansements, seront également moins bien pris en charge par l’Assurance maladie. Selon leur catégorie, le taux passera ainsi de 60% à 50%, ou de 50% à 40% de la BRSS.
Tous les équipements ne subiront cependant pas cette diminution. Les dispositifs relevant du grand appareillage, comme les prothèses et orthèses sur mesure, conserveront leur prise en charge à 100%. Les fauteuils roulants continueront également à être intégralement pris en charge.
Prendre une ambulance ou un taxi conventionné sera moins bien remboursé
Si vous avez besoin d’un transport sanitaire, vous serez également concerné par la baisse des remboursements. La prise en charge des déplacements en ambulance ou en taxi conventionné va diminuer. Selon les situations, le taux appliqué par l’Assurance maladie passera de 55% à 50%, ou de 45% à 40% de la base de remboursement.
Hormis pour les patients en ALD, les femmes enceintes et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (une « mutuelle » réservée aux ménages modestes), la partie non couverte par l’Assurance maladie sur le dentaire, le transport sanitaire et certains médicaments et dispositifs médicaux va donc augmenter à partir du 1er janvier.
Les détenteurs d’une mutuelle « responsable » seront épargnés… ou presque
Ces diminutions ne signifient toutefois pas nécessairement que vous devrez payer davantage de votre poche. Si vous disposez d’un contrat dit « responsable » de complémentaire santé (qui respecte les plafonds et les planchers de remboursement fixés par la Sécurité sociale), la hausse de votre reste à charge sera compensée par votre « mutuelle ». Or, les complémentaires santé « responsables » représentent 95% du marché.
Reste que, même si vous avez souscrit une telle mutuelle, les baisses de remboursement de l’Assurance maladie en vigueur l’an prochain ne seront pas sans effet sur votre porte-monnaie. Les assureurs ont, en effet, prévenu qu’ils risquaient d’augmenter les primes de leurs contrats pour absorber ces transferts de charges, estimés à 1,5 à 1,7 milliards d’euros par an.
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Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite









