Les prix des carburants rognent le pouvoir d’achat des Français

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 2 minutes
Un automobiliste s'apprête à payer à une station-service

Avec le regain des tensions au Moyen-Orient, les prix de l’essence et du diesel s’envolent. Les carburants représentent plus d’un mois de revenus annuels pour un peu plus de 10% des propriétaires de voitures, selon les dernières données de l’Insee.

Ce 9 septembre 2026, le ministre de l’Économie Roland Lescure convoque les distributeurs de carburants à Bercy. Objectif de la réunion : discuter des prix de l’essence et du diesel, alors qu’ils atteignent des records. Ces plus hauts résultent de la reprise du conflit entre les États-Unis et l’Iran au Moyen-Orient.

D’après Roole Data, la plateforme de données du club automobile Roole, le gazole s’affiche en moyenne à 2,290 euros le litre ce 9 septembre, tandis que le SP98 (E5) et le SP95 (E10) sont respectivement vendus à 2,217 euros le litre et à 2,122 euros le litre. Entre 2007 et 2026, le prix moyen du SP98 a bondi de 36,6%, celui du SP95 de 73,3% et celui du diesel de… 102,6%.

Les ruraux et les plus modestes particulièrement pénalisés

Cette inflation tarifaire n’est pas sans conséquence pour le pouvoir d’achat des Français. Selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) rendues publiques le 8 septembre 2026, 10,6% des 21,2 millions de ménages propriétaires d’une voiture consacrent plus d’un mois de leurs revenus annuels aux carburants.

La moitié d’entre eux déboursent ainsi plus de 2 698 euros par an, alors que la médiane des dépenses annuelles en carburants se situe à 1 377 euros, c’est-à-dire près de deux fois moins. Les ménages les plus exposés aux prix de l’essence et du diesel ont généralement des revenus moins élevés (37,8% sont sous le seuil de pauvreté, contre 10,1% pour tous les foyers propriétaires d’une auto) et vivent davantage dans des zones rurales et périurbaines (45,4% versus 35,7%).

L’aide de 100 euros prolongée jusqu’au 30 septembre

La moitié parcourent plus de 27 500 kilomètres par an (vs 14 500 kilomètres par an pour la médiane annuelle générale). Preuve que le gouvernement est conscient du problème : l’aide carburant aux grands rouleurs mise en place dans la foulée du conflit au Moyen-Orient a été prolongée jusqu’au 30 septembre (au lieu du 31 août prévu initialement).

Cette aide de100 euros est réservée aux conducteurs modestes qui effectuent un trajet quotidien de 30 kilomètres aller-retour ou parcourent plus de 8 000 kilomètres par an. Elle est à demander sur impots.gouv.fr. Plus de 1,3 million de Français en ont déjà bénéficié. Le gouvernement estime à 1,5 million le nombre de personnes éligibles qui ne l’ont pas encore demandée.

Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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