Épargne : les Français jouent la sécurité, l’argent dort toujours autant sur les comptes courants

Par Olivier Brunet
Temps de lecture : 2 minutes
Les compartiments d'épargne analysés

79% des épargnants français privilégient les placements sans risque, selon une étude, sur fond d’incertitudes économiques et financières.

79% des épargnants français privilégient les placements sans risque en 2026, selon le Baromètre Ifop pour Altaprofits, un niveau stable sur un an mais en hausse de 4 points en trois ans. Malgré la baisse des taux du Livret A depuis février 2025, l'épargne réglementée reste détenue par 75% des sondés, tandis que 13% laissent tout leur argent sur leur compte courant.

  • Seuls 3% des épargnants assument le choix de produits risqués, un chiffre en recul d'un point par an depuis 2023.
  • Les femmes (83%), les retraités (83%) et les ménages aux revenus inférieurs à 1 608 euros par mois (85%) sont les plus enclins aux placements sans risque.
  • La part des épargnants laissant l'intégralité de leur argent sur leur compte courant atteint 13%, en hausse de 7 points par rapport à 2024.
  • Seuls 30% des Français se disent prêts à investir dans des fonds dédiés au financement de la défense nationale, un score inchangé depuis avril 2025.

La prudence perdure chez les épargnants, malgré des taux de rémunération en baisse pour les livrets bancaires. Près de huit détenteurs d’un produit d’épargne sur dix (79%) déclarent recourir à des placements sans risque, quitte à se contenter d’un faible rendement, selon le Baromètre 2026 de l’épargne en France et en régions, réalisé par l’Ifop pour le courtier en ligne Altaprofits, un peu plus d’un mois après le début du conflit entre l’Iran et la coalition israélo-américaine.

Ce niveau est identique à celui de 2025, mais en hausse de 3 points de pourcentage par rapport à 2024 et de 4 points sur trois ans. Les femmes (83%, contre 74% des hommes), les retraités (83%) et les ménages modestes, aux revenus mensuels inférieurs à 1 608 euros par personne (85%), sont les plus concernés. À l’inverse, seulement 3% des épargnants assument le choix des produits risqués, un chiffre qui recule d’un point par an depuis 2023.

Des comportements d’épargne qui ne changent pas

Autre signal d’attentisme mis en évidence par l’étude : 13% des sondés laissent l’intégralité de leur argent sur leur compte courant, une proportion stable sur un an, mais en hausse de 7 points par rapport à 2024. Cette pratique est plus répandue chez les 65 ans et plus (15%), et tout particulièrement chez les retraités des catégories populaires (19%).

Le réflexe d’épargne, lui, reste intact : 81% des Français déclarent placer de l’argent sur leurs produits d’épargne, 62% le font au moins une fois tous les six mois et 37% au moins une fois par mois, des proportions stables depuis 2020. L’épargne réglementée (Livret A, LDDS, PEL, etc.) conserve la première place, détenue par 75% des épargnants interrogés, malgré les baisses successives de taux subies depuis février 2025 par le Livret A et les livrets indexés sur son niveau de rémunération. Le recours à l’assurance vie progresse à 27% (+3 points sur un an), contrairement au plan d’épargne retraite (PER, 14%), au plan d’épargne en actions (PEA, 13%) et aux sociétés civiles de placement immobilier (SCPI, 2%), dont l’utilisation est stable par rapport à la précédente vague du sondage.

Financer la défense ? Sept Français sur dix refusent toujours

Malgré la dégradation du contexte géopolitique, seuls 30% des Français se disent prêts à investir une partie de leurs économies dans des fonds d’investissement ou produits d’épargne dédiés au financement de la défense nationale, dont 5% « certainement ». Un score inchangé par rapport à la première mesure faite en avril 2025.

Parmi les 70% de réfractaires, 24% estiment que ce financement doit exclusivement incomber à l’État et aux impôts, 15% invoquent leurs principes éthiques et 5% une incompatibilité avec les critères ESG (environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance). Du côté des freins financiers, 18% redoutent une prise de risque excessive, 12% jugent ces produits inadaptés à leurs attentes, et 6% expriment leur crainte quant au niveau de rendement.

Olivier Brunet

Olivier Brunet

Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité

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