À partir du 15 juin, deux traitements injectables contre l’obésité vont être pris en charge à 65% par la Sécurité sociale. Le remboursement sera réservé aux patients souffrant des formes les plus graves de la maladie.
Obésité : bientôt deux médicaments remboursés, mais pas pour tout le monde

La France va devenir le premier État membre de l’Union européenne (UE) à rembourser des médicaments anti-obésité. En Europe, la Suisse et le Royaume-Uni, qui ne font pas partie de l’UE, ont déjà sauté le pas.
Plus précisément, deux traitements injectables, le Wegovy, fabriqué par le laboratoire danois Novo Nordisk, et le Mounjaro, conçu par son concurrent américain Eli Lilly, seront remboursés, à compter du 15 juin 2026, à 65% par l’Assurance maladie. Les 35% restants pourront être pris en charge par la complémentaire santé.
Prise en charge à 100% dans quelques cas
Le remboursement de ces deux traitements, initialement développés contre le diabète et qui sont des analogues du GLP-1, une famille de médicaments permettant de ralentir la digestion et d’augmenter la sensation de satiété dont fait partie le célèbre Ozempic, sera, toutefois, limité à certains patients. Il s’agit des personnes éligibles à la chirurgie bariatrique, qui vise à obtenir une importante perte de poids grâce à des modifications du tube digestif.
Ainsi, le Wegovy et le Mounjaro seront partiellement remboursés par la Sécurité sociale uniquement pour les patients présentant un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 35 (obésité sévère) avec comorbidité (mucoviscidose, trisomie 21, cancer, maladies rénales sévères…), ou un IMC égal ou supérieur à 40 (obésité massive) sans comorbidité. Certaines personnes obèses en affection de longue durée (ALD), c’est-à-dire souffrant d’une maladie chronique (insuffisance cardiaque, tuberculose, sclérose en plaques…) pourront bénéficier, au cas par cas, d’une prise en charge à 100% par l’Assurance maladie.
Prescription très encadrée
Quoi qu’il en soit, le traitement doit être prescrit par un professionnel de santé impliqué dans la prise en charge de l’obésité. Cela peut être un médecin exerçant dans un centre spécialisé de l’obésité (CSO), dans un centre hospitalier universitaire (CHU) ou dans un établissement de soins médicaux et de réadaptation (SMR) spécialisé dans les affections liées aux systèmes Digestif, Endocrinien, Diabétologie et Nutrition (DEDN), ou un endocrinologue travaillant en lien avec un CSO.
Attention : le Wegovy et le Mounjaro ne peuvent être prescrits qu’en seconde intention, c’est-à-dire en cas d’échec d’une prise en charge nutritionnelle (une perte de poids d’au moins 5% du poids total après six mois). En outre, le traitement doit être suivi en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique.
Les médecins généralistes et spécialistes peuvent prescrire le Wegovy et le Mounjaro aux personnes présentant un IMC supérieur ou égal à 27 associé à une comorbidité liée au poids (diabète, hypertension artérielle, maladies cardio-vasculaires…), ou un IMC supérieur ou égale à 30. Dans ces deux cas, les médicaments ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie, et donc pas non plus par la « mutuelle ».
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Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite











