2CRSi conteste le rapport de Grizzly Research et confirme ses objectifs

Par Olivier Brunet
Temps de lecture : 3 minutes
Chute de l'action 2CRSI après la réponse au rapport de Grizzly

Le fabricant strasbourgeois de serveurs a répondu, le 19 juin, aux accusations du vendeur à découvert américain Grizzly Research. Il dément tout montage frauduleux et confirme viser plus de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires pour l’exercice en cours.

Comptes certifiés, accusations de tromperie rejetées

2CRSi (Code ISIN : FR0013341781) a réagi sur deux fronts, le vendredi 19 juin 2026, après la publication du rapport de Grizzly Research publié la veille : un communiqué détaillé en huit points et un webinaire au cours duquel le PDG Alain Wilmouth s’est adressé aux actionnaires. La société conteste « avec la plus grande fermeté » l’affirmation, contenue dans le rapport de Grizzly Research du 18 juin, selon laquelle ses revenus ou ses projections seraient « fabriqués ».

La société rejette « toute imputation de tromperie délibérée » de ses investisseurs, des régulateurs et de ses commissaires aux comptes. Elle rappelle que ses comptes « sont établis selon les normes réglementaires en vigueur et certifiés par son commissaire aux comptes, le cabinet Ernst & Young ».

Un « mea culpa » de communication

Le dirigeant a ouvert l’échange par « un premier mea culpa » adressé à ses actionnaires, partenaires, clients et salariés. Selon lui, la société, qui se « croyait » performante dans sa communication, a dû « correspondre à tous les critères pour être une cible parfaite » pour Grizzly Research, invoquant pêle-mêle la flambée du cours de Bourse, des changements de date de clôture d’exercice et « quelques erreurs » de comptabilité commises « il y a de nombreuses années ».

Le dirigeant a en outre défendu la discrétion de l’entreprise, en particulier la confidentialité du nom de certains clients, qu’il juge usuelle, et la communication de certaines commandes à la livraison plutôt qu’à la prise de commande.

NewYork GreenCloud présentée comme un simple client

Au cœur des accusations, la société américaine NewYork GreenCloud (NYGC) est décrite par 2CRSi comme une cliente, sans lien capitalistique. Le groupe affirme qu’Alain Wilmouth n’y est « ni fondateur, ni associé, ni propriétaire, ni dirigeant ». La mention « Co-Founder » relevée par Grizzly proviendrait d’un support de levée de fonds diffusé par NYGC elle-même, dont la diapositive « équipe » recenserait les intervenants du projet — responsable de site, conseil financier et fournisseur — et non des mandataires sociaux.

2CRSi indique avoir réalisé le site internet et certains supports de NYGC dans le cadre d’une prestation facturée inférieure à 100 000 euros, et entretenir une relation commerciale avec le vétérinaire Joseph Church depuis 2021. La société précise que le contrat-cadre de 610 millions de dollars n’a donné lieu à aucune facturation sur l’exercice, la croissance américaine provenant de commandes distinctes livrées et payées. Les écarts de répartition géographique pointés par Grizzly correspondraient à deux mesures différentes : le chiffre d’affaires par zone de livraison et celui facturé par zone.

2CRSi a par ailleurs rappelé sa participation au consortium ÆTHER Infrastructure, candidat à un projet européen d’« AI Gigafactory ». ÆTHER est présenté comme un cadre de coopération industrielle. « ÆTHER n’est ni une filiale, ni une société liée au groupe 2CRSi », affirme l’entreprise dans son communiqué.

Objectifs confirmés et reprise de cotation en forte baisse

Lors du webinaire, Alain Wilmouth a confirmé la « certitude » de dépasser 400 millions d’euros de chiffre d’affaires pour l’exercice en cours (204,7 millions d’euros au premier semestre, soit un chiffre d’affaires multiplié par 9,8). Le dirigeant a annoncé vouloir racheter personnellement des actions et étudier, avec ses avocats, une action en justice contre Grizzly.

La cotation du titre, suspendue à la demande de la société depuis le 18 juin, a repris ce lundi 22 juin en fin de matinée en forte baisse à 18,50 euros et cotait à 17,53 euros à 11h55 (-30,98% par rapport au cours au moment de la suspension de cotation).

Olivier Brunet

Olivier Brunet

Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité

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