Le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco a décidé ce 14 octobre de revaloriser les pensions complémentaires des salariés du privé de 1,4% au 1er novembre prochain. Une indexation inférieure à l’inflation.
Agirc-Arrco : les retraites complémentaires revalorisées de 1,4% au 1er novembre

Mauvaise nouvelle pour 14 millions de retraités français : ils vont encore perdre en pouvoir d’achat. Réuni le 14 octobre 2026, le conseil d’administration (CA) de l’Agirc-Arrco, le régime de retraite complémentaire des salariés du secteur privé, a décidé de revaloriser les pensions complémentaires de 1,4% au 1er novembre.
Or, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) prévoit une inflation de 2% pour cette année. Le taux de 1,4% constitue donc une sous-indexation de 0,6% qui ne va pas permettre aux salariés retraités de maintenir leur niveau de vie.
Un nouveau coup dur pour les retraités
La retraite Agirc-Arrco représente, en moyenne, 35% de la pension globale (en intégrant la retraite de base) des non-cadres et 65% de celle des cadres. La moindre revalorisation du 1er novembre 2026 constitue, en conséquence, un nouveau coup dur pour les salariés retraités, après l’absence d’indexation au 1er novembre 2025. L’année dernière, le patronat et les syndicats, gestionnaires de l’Agirc-Arrco, n’étaient pas arrivés à se mettre d’accord sur un taux de revalorisation.
L’indexation de 1,4% aurait pu être pire… ou meilleure. La revalorisation annuelle des retraites Agirc-Arrco obéit aux règles fixées par l’accord national interprofessionnel (ANI) du 5 octobre 2023, signé par les partenaires sociaux. Cet accord, qui couvre la période de 2023 à 2026, prévoit que l’indexation corresponde à la projection de l’Insee de l’évolution des prix à la consommation (hors tabac) pour l’année, diminuée d’un « coefficient de soutenabilité » de 0,4 point de pourcentage destiné à préserver les réserves financières de l’Agirc-Arrco.
Au moins six mois de pensions assurés
L’ANI 2023-2026 a instauré une « règle d’or » selon laquelle ces réserves doivent assurer au moins six mois de versements de pensions jusqu’en 2037. Si un jour (peu probable) l’Agirc-Arrco ne reçoit plus de cotisations, le régime doit être en capacité de verser les retraites complémentaires pendant au moins un semestre sur un horizon de 15 ans en puisant dans ce pécule.
Une fois le coefficient de soutenabilité appliqué, le CA de l’Agirc-Arrco peut décider de faire évoluer la revalorisation des pensions à la hausse ou à la baisse dans une fourchette de 0,4 point. Les représentants des organisations patronales et syndicales avaient donc la possibilité de fixer un taux d’indexation de 1,2% (1,6% – 0,4%) à 2% (1,6% + 0,4%).
Sauf que le dernier accord quadriennal prévoit également que la revalorisation ne peut être supérieure à l’évolution du salaire moyen par tête (SMPT) qui correspond à la rémunération moyenne brute des salariés (heures supplémentaires et primes incluses). Cette mesure vise à ce que le pouvoir d’achat des salariés retraités ne progresse pas plus que celui des salariés en activité.
Un plafond de 1,9%
Or, le SMPT est prévu à 1,9% en 2026. Il s’agit d’une situation inédite, les salaires augmentant traditionnellement plus vite que l’inflation. Au final, les administrateurs de l’Agirc-Arrco devaient donc se prononcer sur une indexation comprise entre 1,2% et 1,9%. Selon les informations recueillies par ToutSurMesFinances, les représentants des syndicats militaient pour une revalorisation de 1,9%, tandis que ceux du patronat défendaient un taux à 1,4%.
Ces derniers ont fini par avoir gain de cause compte tenu à la fois de l’allongement de l’espérance de vie qui accroit les dépenses du régime (davantage de retraites à verser) et de la hausse du chômage, de la dégradation de la situation économique et du déclin de la natalité qui réduisent ses recettes actuelles et à venir (moins de cotisations à encaisser). Le développement de l’intelligence artificielle (IA) et son impact sur l’emploi ont également été abordés.
Une communication personnalisée
L’Agirc-Arrco a décidé de ne plus communiquer la valeur de service du point à l’occasion de l’annonce du taux de revalorisation. Le régime préfère que ses affiliés retraités découvrent le montant brut, le montant net des contributions et cotisations sociales (CSG, CRDS, CASA, cotisation d’assurance maladie) et, s’ils ont donné leur accord, le montant net de fiscalité sociale et du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu (soit le montant versé sur le compte bancaire) de leur pension complémentaire à compter du 1er novembre en se connectant sur leur espace personnel. Les données devraient être disponibles au plus tard ce vendredi 16 octobre.
La pension Agirc-Arrco moyenne se situant à 10 000 euros par an, la revalorisation de 1,4% va se traduire par un gain annuel de 140 euros pour les retraités, souligne le régime. Le 1er novembre étant férié, l’indexation va s’appliquer le 2 novembre. Il faut compter, selon les établissements bancaires, entre un à quatre jours supplémentaires pour que la somme soit créditée sur le compte en banque.
Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite






