Airbnb supprime les frais voyageur : les hôtes ont un mois pour ajuster leurs prix

Par Olivier Brunet
Temps de lecture : 3 minutes
Airbnb supprime ses frais voyageurs : les conséquences pour les hôtes

Le 13 octobre 2026, Airbnb prélèvera des frais uniques de 15,5% sur l’hôte en France et dans tout l’Espace économique européen. Sans ajustement des tarifs par l’hôte, ses versements baisseront.

Les propriétaires qui louent sur Airbnb ont un mois pour ajuster leurs tarifs et préserver la rentabilité de leur activité de location de courte durée (LCD). À compter du 13 octobre 2026, dans tous les pays de l’Espace économique européen, dont la France, les voyageurs ne paieront plus de frais de service à la plateforme américaine, qui abandonne le modèle de frais partagés entre l’hôte et le voyageur, pour une commission unique de 15,5%, supportée par le seul hôte.

Jusqu’ici, un hôte affichant un tarif de 100 euros la nuit perçoit 97 euros, une fois déduits ses frais de service de 3%, tandis que le voyageur règle environ 115 euros, frais voyageur compris. Le 13 octobre, l’écart entre prix affiché et prix payé disparaît : le tarif fixé par l’hôte devient celui visible par le voyageur.

Sans ajustement des prix, des versements en baisse dès le 13 octobre

Pour conserver le même versement lors de l’entrée en vigueur de ce nouveau modèle, l’hôte doit donc relever son tarif. Ainsi, selon l’exemple présenté par Airbnb, un prix qui passe de 100 à 115 euros laisse à l’hôte 97 euros à encaisser après déduction des 15,5%. Sans action de l’hôte avant l’échéance, son reversement diminuera mécaniquement au 13 octobre : un tarif maintenu à 100 euros ne lui laisserait plus que 84,50 euros de recette dans sa poche.

Pour aider les hôtes à passer d’une structure de frais à l’autre, la plateforme a développé un outil d’ajustement des prix, permettant de changer les tarifs en une fois pour toutes les annonces de l’hôte et les frais annexes. L’opération est irréversible et ne vaut que pour les réservations postérieures au changement opéré.

La plateforme assure ne rien percevoir de plus. « Ce changement n’augmente pas le montant qu’Airbnb prélève sur chaque réservation », indique son community manager sur le forum d’entraide du site.

Airbnb justifie cette simplification par la lisibilité du prix et a calculé le taux de 15,5% d’après la moyenne mondiale de ses frais de service. Le modèle s’applique déjà au Pérou et en Corée du Sud depuis le 25 mai 2026, en Allemagne et au Royaume-Uni depuis le 22 juin, ainsi qu’aux hôtes équipés d’un logiciel de gestion locative depuis 2025. C’est aussi la norme dans le secteur, Booking.com ayant par exemple toujours appliqué ce principe.

Des recettes à déclarer plus élevées au régime micro

L’annonce a suscité de vives protestations sur les réseaux sociaux et sur le forum d’entraide d’Airbnb, où les hôtes redoutent des conséquences fiscales. La crainte est fondée pour les loueurs de meublés de tourisme imposés au régime micro, déjà touchés par la baisse des seuils et des abattements décidée par la loi Le Meur, qui a durci les règles de la location meublée de courte durée.

Dans le modèle de frais partagés appelé à s’éteindre, les frais voyageur, ajoutés au prix affiché par la plateforme, ne comptent pas dans les recettes de l’hôte, alors que les frais d’hôte sont inclus. Relever son tarif pour maintenir son versement revient donc à déclarer un revenu brut plus élevé sans encaisser un euro supplémentaire. Au régime réel d’imposition, rien ne change : les frais de plateforme restent déductibles.

 

Olivier Brunet

Olivier Brunet

Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité

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