Le projet de loi de finances pour 2027 indexe le barème de l’impôt sur la prévision d’inflation hors tabac du gouvernement pour 2026. À revenus inchangés, l’impôt payé l’an prochain baisserait.
Impôt sur le revenu : barème relevé de 2,1%, voici les tranches pour 2027

Les seuils du barème de l’impôt sur le revenu doivent progresser de 2,1% l’an prochain. Le gouvernement a inscrit cette revalorisation dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, présenté le 1er octobre 2026. Ce nouveau barème concernerait les revenus perçus en 2026, imposés en 2027. Chaque tranche démarrant plus haut, une part plus faible du revenu se trouverait taxée à chacun des taux, à revenus identiques.
Les contribuables dont la rémunération a progressé de moins de 2,1% en 2026 en profiteraient aussi, leur impôt devant également baisser.
Une indexation sur l’inflation, la plus forte depuis 2024
Ce taux de 2,1% correspond à la prévision d’inflation hors tabac du gouvernement pour 2026. Il s’agirait de la plus forte indexation depuis celle de 2024, qui avait relevé de 4,8% les tranches appliquées aux revenus de 2023. « Nous refusons les hausses généralisées d’impôt, nous indexons le barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation », a déclaré Roland Lescure lors de la conférence de presse de présentation du budget. Le gouvernement chiffre à près de 4 milliards d’euros la hausse d’impôt ainsi évitée à 20 millions de ménages. « C’est une décision qui a été prise en responsabilité pour ne pas pénaliser les personnes qui travaillent », fait-il valoir.
Le projet de loi fixe ainsi les nouvelles limites du barème de l’impôt sur le revenu :
| Tranche d’imposition | Seuils | Taux d’imposition |
| 1ère tranche | de 0 à 11 844 € inclus | 0% |
| 2ème tranche | de 11 844 à 30 200 € inclus | 11% |
| 3ème tranche | de 30 200 à 86 353 € inclus | 30% |
| 4ème tranche | de 86 353 à 185 737 € inclus | 41% |
| 5ème tranche | à partir de 185 737 € | 45% |
Ces limites portent sur le revenu imposable divisé par le nombre de parts fiscales (aussi appelées parts de quotient familial).
Pour un célibataire sans enfant à charge, qui dispose d’une part, la fraction du revenu imposable jusqu’à 11 844 euros ne serait donc pas imposée. Celle comprise entre 11 844 et 30 200 euros supporterait un taux de 11%, etc. Pour un couple marié ou pacsé sans enfant, qui compte deux parts, le revenu imposable est d’abord divisé par deux avant application de ces seuils.
La hausse de 2,1% sert aussi de base à la revalorisation de plusieurs seuils intervenant dans le calcul de l’impôt, associés au barème. Le plafonnement du quotient familial passerait de 1 807 à 1 845 euros par demi-part. Le montant de référence de la décote, un mécanisme qui allège l’impôt des foyers modestes, progresserait de 897 à 915 euros pour une personne seule et de 1 483 à 1 513 euros pour un couple.
Une revalorisation suspendue au vote du budget
Ce barème n’est pas définitif. Il est possible qu’il soit modifié lors de la discussion parlementaire par le vote d’amendements éventuels. Le ministre de l’Économie Roland Lescure s’est déclaré ouvert au dialogue « sur toutes les composantes de ce budget », revalorisation des tranches du barème comprise. Celle-ci ne s’appliquera qu’une fois le budget de l’État adopté par le Parlement et publié au Journal officiel.
Faute de loi de finances votée, la revalorisation ne pourra pas avoir lieu, prévient le gouvernement. « La revalorisation du barème de l’impôt sur le revenu serait par exemple impossible, conduisant près de 500 000 foyers à devenir imposables », indique l’exécutif dans un document de « présentation générale du PLF pour 2027 ».
Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité






