La hausse des petites pensions promise lors de la dernière réforme des retraites n’a pas produit les effets attendus pour tous les bénéficiaires, souligne la Cour des comptes dans un récent rapport.
Petites retraites : une revalorisation moins généreuse qu’annoncé

La revalorisation des petites retraites figurait parmi les mesures les plus mises en avant par le gouvernement lors de la réforme des retraites de 2023. Elle devait permettre d’augmenter d’environ 100 euros par mois la pension des retraités justifiant de tous leurs trimestres de cotisation (taux plein) et percevant une retraite globale (pensions de base et complémentaires confondues) de moins de 1 200 euros par mois.
Mais trois ans après l’adoption de cette réforme, la Cour des comptes dresse un constat plutôt critique. Dans son rapport sur l’application des lois de financement de la Sécurité sociale, rendu public le 27 mai 2026, l’institution estime que la mise en œuvre de cette mesure a été particulièrement complexe et que les montants réellement versés sont souvent inférieurs aux annonces.
Un gain limité pour les nouveaux retraités
Pour les nouveaux retraités, l’écart est net entre la promesse et la réalité. Selon les magistrats financiers, un salarié du secteur privé ayant accompli une carrière complète au Smic a obtenu, en moyenne, 66 euros supplémentaires par mois. Le gain de 100 euros promis n’est atteint que dans des situations limitées, notamment certains cas de temps partiel.
L’effet de la mesure a encore été réduit par les autres critères d’éligibilité. En 2024, près de 200 000 nouveaux bénéficiaires ont perçu, en moyenne, à peine 30 euros de plus par mois.
Des retraités encore en attente
Pour les personnes déjà retraitées, la revalorisation a été appliquée par vagues successives, avec effet rétroactif à partir de 2023. Près de 1,6 million d’anciens salariés ont été concernés, pour un gain moyen de seulement 45 euros par mois.
La Cour des comptes constate que le chantier n’est pas terminé. D’autres vagues de traitement seront encore nécessaires pour couvrir l’ensemble des retraités concernés.
Des caisses de retraite sous pression
La complexité des règles a fortement pesé sur les caisses de retraite. Le calcul des droits nécessite de nombreuses informations, ce qui a provoqué une accumulation de dossiers en attente. Le stock a atteint jusqu’à 540 000 dossiers, dont 150 000 ont donné lieu à des paiements d’avance.
Ces avances ont entraîné des erreurs importantes, pointent les Sages de la rue Cambon. D’après la Cour, 115 millions d’euros ont été versés sans être réellement justifiés. Cette somme constitue une perte pour le système français de retraite, le gouvernement ayant demandé de ne pas récupérer intégralement les montants indûment versés.
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Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite











