La réforme des retraites de 2023 a instauré une majoration exceptionnelle de 100 euros par mois pour les pensions modestes. Une étude publique vient de révéler que le coup de pouce est, en réalité, presque moitié moins élevé.
« Petites » retraites : une revalorisation moyenne de 52 euros, loin des 100 euros annoncés

Il s’agissait de la mesure « sucrée » de la réforme des retraites de 2023. Pour faire avaler la mesure « salée » – le décalage progressif de l’âge minimum de départ à la retraite de 62 à 64 ans -, le texte a instauré une majoration exceptionnelle pour les « petites » retraites. Objectif : porter la pension globale (retraites de base et complémentaire confondues) à 1 200 euros par mois, soit 85% du Smic net, pour les salariés et indépendants qui disposent de tous leurs trimestres.
Las, on est loin du compte. Selon une enquête dévoilée le 14 octobre 2026 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), rattachée aux ministères sanitaires et sociaux, la majoration exceptionnelle s’élève, en moyenne, à 52 euros par mois. Elle bénéficie à 1,3 million de personnes. Soit moins de 10% des 17 millions des retraités français.
Deux éléments
Pour comprendre pourquoi la majoration est presque moitié moindre qu’annoncé, il faut décortiquer son fonctionnement qui se révèle particulièrement complexe. En premier lieu, il faut savoir que le « coup de pouce » s’applique uniquement aux salariés, artisans et commerçants qui ont liquidé leurs droits à la retraite en respectant leur durée d’assurance (le nombre de trimestres de cotisation exigé pour percevoir une retraite sans décote) et dont la pension globale est inférieure à un montant fixé par décret (1 410,89 euros par mois en 2026).
En outre, la majoration se compose de deux éléments : 25 euros par mois pour tous les retraités « modestes », auxquels s’ajoutent 75 euros par mois pour ceux qui ont validé au moins 120 trimestres (30 ans de cotisation) auprès du régime général de la Sécurité sociale, le régime de retraite de base des salariés des entreprises et associations, des artisans, des commerçants, des agents non titulaires de la fonction publique (contractuels, vacataires) et des élus locaux. Les 100 euros ne concernent donc pas toutes les « petites » pensions.
Deux écrêtements
Enfin, la majoration est soumise à deux « écrêtements ». Si le retraité ne justifie pas des 120 trimestres au régime général, les 75 euros sont diminués en proportion. La majoration est également écrêtée si elle porte la pension globale au-delà du seuil déterminé par décret.
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est accordée à des femmes dans 67% des cas, ces dernières ayant des retraites en moyenne inférieures à celles de hommes. Logiquement, la majoration exceptionnelle est plus élevée chez les retraitées que chez leurs homologues masculins : 58 euros par mois pour les premières, contre seulement 39 euros par mois pour les seconds. Dans les deux cas, on est loin des 100 euros par mois supplémentaires promis.
Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite






