Assurance vie : ce qu’ont vraiment rapporté les fonds en euros l’an dernier

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 3 minutes
Le rendement du fonds euros de l'assurance vie à 2,63% en 2025

Le rendement moyen définitif des supports garantis de l’assurance vie pour 2025 est désormais connu. Fixé à 2,63%, il reste quasiment stable sur un an et devance le Livret A, sans bénéficier toutefois du même avantage fiscal.

Le verdict est tombé, légèrement en dessous des attentes. Le rendement moyen servi par les fonds en euros en 2025 (les taux sont communiqués avec un an de retard) s’est établi à 2,63%, selon le rapport annuel consacré à la revalorisation des contrats d’assurance vie, publié le 30 juin 2026 par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), le régulateur des banques et des assurances.

Une première estimation, dévoilée le 31 mars dernier par l’ACPR, tablait sur 2,65%. La révision de deux centièmes de point tient à un biais connu : les assureurs les plus généreux dévoilent leurs taux en premier, ce qui gonfle mécaniquement les estimations initiales avant que l’ensemble du marché ne soit pris en compte.

La photographie la plus complète du marché

Là où la première mesure ne couvrait qu’une partie des acteurs, le rapport annuel de l’ACPR agrège les résultats de la presque totalité du secteur. À savoir : les assureurs, les filiales d’assurance des banques (bancassureurs), les mutuelles et les institutions de prévoyance (IP) implantés en France. Présenté à chaque début d’été, ce document fait autorité auprès des professionnels.

Le rendement moyen du fonds en euros s’avère stable : 2,63% en 2025, contre 2,64% en 2024. Des taux élevés par rapport aux moyennes de 2023 (2,60%), de 2022 (1,91%) et, surtout, de 2021 (1,28%). Les faibles niveaux passés du support sécurisé de l’assurance vie (le capital est garanti) s’expliquaient par la politique de taux bas menée par la Banque centrale européenne (BCE), destinée à soutenir l’économie après la pandémie du Covid. Les fonds en euros sont, en effet, composés à plus de 70% d’obligations, elles-mêmes majoritairement constituées d’emprunts d’État dont la rémunération suit les taux de la BCE.

Une course à la collecte

Le retour de l’inflation, alimenté par l’envolée des prix de l’énergie sur fond de guerre en Ukraine, a changé la donne. Pour contenir la hausse des prix, la BCE a relevé ses taux, entraînant dans son sillage les obligations souveraines et, par un effet domino, les fonds en euros.

Les assureurs ont amplifié le phénomène. Désireux de collecter davantage pour investir dans ces nouvelles obligations rémunératrices, ils ont multiplié les offres attractives, allant jusqu’à bonifier les taux pour les épargnants qui acceptaient de verser des sommes conséquentes sur leur fonds en euros.

Une victoire à nuancer

Sur le papier, le fonds en euros l’emporte sur le Livret A, son grand rival. En 2025, le livret chouchou des Français a vu son taux reculer de 3% à 2,40% au 1er février, puis à 1,70% au 1er août, pour une rémunération annualisée de 2,16%.

Avec un rendement de 2,63%, l’assurance vie prend donc l’avantage. La comparaison a, toutefois, ses limites : les intérêts du Livret A échappent à toute fiscalité, quand ceux du fonds en euros supportent l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux.

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Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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