En septembre, le Nasdaq a gagné plus de 4% malgré la hausse des taux de la Fed. Le CAC 40 a cédé 4,7% et les valeurs moyennes 6,3%, plombés par la tension sur la dette française, note le bureau d’analyse IDMidCaps.
Le premier mois de l’automne confirme la remontée des taux amorcée en août, sur fond d’inflation tirée par le prix des énergies fossiles : le Détroit d’Ormuz reste quasiment fermé, maintenant le cours du baril de pétrole à un niveau élevé.
La tech américaine résiste à la hausse des taux
Aux États-Unis, la Fed (réserve fédérale, nom de la banque centrale) a ainsi entamé un cycle de hausse de ses taux directeurs, sans décourager les investisseurs vis-à-vis des valeurs technologiques : en septembre, le Nasdaq a grimpé de plus de 4%, quand le S&P 500 a progressé de 0,9% tandis que le Dow, plus sensible aux taux longs, a reculé de 3,6%.
La résilience de la tech tient aussi à la solidité de la croissance américaine, portée par des investissements dans l’IA et les data centers (centres de données) à des niveaux sans précédent : ils devraient représenter 3,6% du PIB par an d’ici 2032, davantage que le boom ferroviaire de la fin du XIXe siècle (2,2% entre 1870 et 1890).
La Bourse de Paris décroche malgré de bons résultats
En Europe, la vague IA est moins spectaculaire mais la remontée des rendements des obligations (titres de dettes) est plus marquée, en France tout particulièrement. L’OAT à 10 ans, emprunt de référence de l’État français, s’est nettement tendue mi-septembre et l’écart avec le Bund allemand – appelé spread – a atteint un record depuis 2012, sur fond de double incertitude politique : le budget 2027 examiné par une Assemblée nationale sans majorité et les premiers débats de la présidentielle, qui ravivent les craintes sur la dette publique.
La conséquence est une nette sous-performance des actions françaises : si l’indice européen Euro Stoxx 600 recule de 2,5%, le CAC 40, représentatif des 40 plus grandes valeurs françaises, chute de 4,7% et le CAC Mid & Small, représentatif des petites et moyennes capitalisations, de 6,3%.
Pourtant, les publications semestrielles ont été solides, avec un résultat opérationnel courant en hausse de 6% en médiane pour les valeurs moyennes françaises selon les données d’IDMidCaps et des prévisions annuelles légèrement relevées. Ces bons fondamentaux et des niveaux de valorisation au plus bas par rapport au reste de l’Europe et au « non coté » ne suffisent plus à compenser la défiance obligataire : tant que la prime de risque française ne se résorbera pas, les valeurs des sociétés cotées hexagonales, en particulier les valeurs moyennes, resteront otages du calendrier politique.
Analyste financier







