Une note récente de Matignon détaille les règles applicables cette année en matière de droits de succession.
Héritage : abattements, barèmes et récupération du minimum vieillesse en 2026

Tous les héritiers ne sont pas traités de la même façon face à l’administration fiscale, ont rappelé les services du premier ministre dans une note d’information publiée le 16 mars 2026. L’époux ou l’épouse du défunt bénéficie d’une exonération complète de droits de succession. Le partenaire de Pacs profite du même régime, à condition toutefois d’avoir été expressément désigné par le partenaire décédé comme son héritier par testament.
Pour tous les autres ayants droit, un abattement s’applique avant tout calcul d’imposition, dont le montant varie selon le degré de parenté avec le défunt. Les enfants et parents disposent chacun d’une franchise d’impôts de 100 000 euros, les frères et sœurs de 15 932 euros, les neveux et nièces de 7 967 euros. Petits-enfants, arrière-petits-enfants et héritiers sans lien de parenté ne bénéficient, eux, que d’un abattement de 1 594 euros. Les personnes en situation de handicap peuvent, quant à elles, cumuler leur abattement personnel avec un abattement spécifique supplémentaire de 159 325 euros.
L’impôt ne porte que sur la part excédant l’abattement
Les droits de succession ne s’appliquent pas à l’intégralité de la somme héritée, mais uniquement à la fraction dépassant l’abattement applicable. Ainsi, un enfant héritant de 90 000 euros de l’un de ses parents n’acquitte aucun droit, la franchise étant fixée à 100 000 euros. En revanche, si l’héritage s’élève à 110 000 euros, le calcul d’imposition ne portera que sur les 10 000 euros excédentaires.
La somme taxable est ensuite soumise à un barème progressif, dont les taux varient eux aussi en fonction du lien de parenté. Les services de Matignon précisent que ces barèmes n’ont pas été modifiés par la loi de finances pour 2026.
Des taux qui s’échelonnent de 5% à 60% selon le degré de parenté
Pour les héritiers en ligne directe (enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, parents, grands-parents et arrière-grands-parents), la taxation débute à 5% pour les montants inférieurs à 8 072 euros et monte jusqu’à 45% au-delà de 1 805 677 euros, avec cinq tranches intermédiaires aux taux de 10%, 15%, 20%, 30% et 40%.
Les frères et sœurs sont soumis à une imposition plus lourde : 35% jusqu’à 24 430 euros, puis 45% au-delà. Les héritiers dits « collatéraux » (neveux, nièces, oncles, tantes, cousins jusqu’au quatrième degré) sont taxés à hauteur de 55%. Enfin, les héritiers éloignés ou sans lien de parenté avec le défunt font face au taux le plus élevé, fixé à 60%.
Le minimum vieillesse peut être réclamé aux héritiers après le décès
La note de Matignon rappelle également un mécanisme encore peu connu du grand public : la récupération de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa). Cette aide, qui remplace le minimum vieillesse depuis 2005, n’est pas définitivement acquise par ses bénéficiaires. Au décès de l’allocataire, les héritiers sont tenus de rembourser à l’État les sommes versées au-delà d’un certain seuil.
Ce seuil est indexé sur l’inflation depuis le 1er septembre 2023. Pour les décès survenus depuis le 1er janvier 2026, il s’établit à 108 586,14 euros en métropole. Dans les départements d’Outre-mer, il est fixé à 150 000 euros et n’est pas soumis à cette indexation sur les prix à la consommation.
Pour en savoir plus : Droits de succession 2026 : calcul, exonération, barème
Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite











