Selon les dernières données officielles, l’Hexagone compte 17,3 millions de retraités. Leur pension moyenne dépasse les 1 700 euros brut mensuels, mais ce montant cache de fortes disparités.
Retraite : la pension s’élève, en moyenne, à 1 705 euros brut par mois en France

Chaque année, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), un organisme qui dépend des ministères de l’Économie, de la Santé et de la Solidarité, publie les données sur les retraités français. D’après les dernières statistiques de la Drees rendues publiques le 26 mai 2026, la France comptait 17,3 millions de retraités au 31 décembre 2024. Ce chiffre inclut les retraités résidant en France, ainsi que ceux vivant à l’étranger.
Le nombre de retraités progresse ainsi de 0,7% sur un an. Si cette hausse confirme le vieillissement de la population française, elle est moins élevée qu’en 2023 (+ 1,3% par rapport à 2022). Le « papy-boom », ces départs massifs à la retraite des générations nées après la Seconde Guerre mondiale, semble avoir atteint son pic.
Tous régimes de retraite confondus
Pour les retraités résidant en France, la pension moyenne de droit direct (c’est-à-dire hors les pensions de réversion versées aux veufs et veuves) atteint 1 705 euros brut par mois. Ce montant est calculé avant paiement des contributions et cotisations sociales, ce qui signifie que la retraite nette réellement perçue varie selon la situation fiscale du retraité. En fonction du revenu fiscal de référence (RFR) et du lieu de résidence du pensionné, sa retraite est assujettie à un taux de CSG de 3,8%, de 6,6% ou de 8,3%, à la CRDS à 0,5% et à la CASA à 0,3%.
La pension moyenne intègre à la fois la retraite de base et la retraite complémentaire. Pour un salarié du secteur privé, cela correspond à la pension de base versée par l’Assurance retraite et à la pension complémentaire servie par l’Agirc-Arrco. Le retraité peut également percevoir des pensions de plusieurs régimes de retraite de base et complémentaire s’il a changé de statut professionnel au cours de sa carrière, comme un salarié devenu fonctionnaire.
Une pension moins importante pour les « néo-retraités »
La pension moyenne a augmenté de 0,8% en 2024 par rapport à 2023. Cette hausse apparaît limitée au regard de la revalorisation annuelle de 5,3% des retraites de base appliquée en 2024 pour compenser la forte inflation consécutive à la flambée des prix de l’énergie à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
La Drees explique cet écart par un effet structurel. Les « papy-boomers », dont les retraites sont souvent plus élevées, disparaissent progressivement, tandis que de nouveaux retraités entrent dans le système avec des pensions en moyenne plus faibles. Ce renouvellement pèse mécaniquement sur la retraite moyenne globale.
Des écarts persistants entre les femmes et les hommes
La moyenne nationale masque des inégalités importantes. Les femmes perçoivent une pension moyenne inférieure de 36% à celle des hommes. Cet écart s’explique notamment par des niveaux de rémunération plus faibles, des carrières plus souvent interrompues et des périodes de temps partiel plus fréquentes.
Les pensions de réversion réduisent une partie de cette différence, car elles sont très majoritairement versées aux femmes, dont l’espérance de vie est plus élevée que celle des hommes. En tenant compte de cette retraite de droits indirects servie aux conjoints survivants, l’écart de pensions entre les femmes et les hommes tombe à 25%.
La réversion peut jouer un rôle central pour certaines veuves. Toujours selon la Drees, elle constitue même l’unique revenu de près de 900 000 femmes, qui ne disposent pas d’une retraite de droits directs car elles n’ont jamais travaillé.
À lire également : Petites retraites, une revalorisation moins généreuse qu’annoncé
Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite











