L’Institut des politiques publiques a chiffré trois pistes, déclinées en neuf scénarios, pour faire contribuer les retraités au redressement des comptes publics en 2027. Selon les mesures étudiées, la part de perdants varie fortement.
Retraite : abattement, CSG, gel… jusqu’à 41 euros de perte moyenne par mois

Alors que le projet de budget 2027 sera présenté jeudi 1er octobre 2026 en Conseil des ministres, faire contribuer davantage les retraités fait partie des options sur la table. Mais qui paierait, et combien ? Dans une note publiée le 28 septembre, l’Institut des politiques publiques (IPP) a mesuré les effets de trois pistes : supprimer ou réduire l’abattement fiscal de 10% sur les pensions, aligner la contribution sociale généralisée (CSG) des retraités sur celle des actifs et geler, totalement ou partiellement, les retraites de base.
Abattement supprimé : 41 euros de moins par mois pour 65% des retraités
La suppression de l’abattement rapporterait 5,4 milliards d’euros par an, le rendement le plus élevé des trois mesures. Au total, 65% des retraités y perdraient, 41 euros par mois en moyenne, soit la perte moyenne la plus forte des neuf scénarios étudiés.
Les pertes augmenteraient avec le niveau de vie, sauf pour les retraités parmi les 20% les plus modestes : les aides au logement de ceux qui en perçoivent, calculées sur le revenu après abattement, baisseraient.
CSG à 9,2% : l’effort se concentrerait sur les classes moyennes
Aligner les taux de CSG des retraités de 6,6% et 8,3% sur les 9,2% des actifs rapporterait 4,2 milliards d’euros. Dans ce scénario, 69% des retraités seraient perdants, pour 32 euros par mois en moyenne.
Les plus modestes, assujettis au taux nul ou réduit, seraient épargnés. Les classes moyennes, dont le taux passerait de 6,6% à 9,2%, supporteraient l’essentiel de la hausse.
Gel des pensions : 94% de perdants, les modestes plus touchés
Le gel des pensions de base des personnes déjà retraitées en 2026 réduirait la dépense de retraite de 6,6 milliards d’euros. Mais il ferait reculer les recettes fiscales et sociales et augmenter certaines prestations, comme le minimum vieillesse. Le gain net tomberait à 5,2 milliards d’euros.
Le gel ferait 94% de perdants, pour 29 euros par mois en moyenne. La mesure est « anti-redistributive », selon l’IPP : la baisse de niveau de vie atteindrait 0,8% à 1,5% dans la moitié la plus modeste, contre 0,4% pour les 5% les plus aisés.
Centré sur les pensions de plus de 3 000 euros brut par mois, un gel ne ferait plus que 18% de perdants, mais ne rapporterait que 1,2 milliard d’euros.
À économie égale, pas les mêmes perdants
Ces trois pistes ne rapportant pas la même somme, l’IPP a calibré trois variantes à 1,5 milliard d’euros chacune : porter le seul taux plein de CSG à 9,2%, revaloriser de 1,5% au lieu de 2,5% les pensions supérieures à 1 639 euros par mois et ramener à 2 545 euros par foyer le plafond de l’abattement.
Les variantes CSG et abattement concentreraient l’effort « sur la moitié supérieure de la distribution » des revenus. Dans cette hypothèse, la sous-indexation « continue de peser sur des ménages relativement modestes », car elle vise la pension individuelle et non le niveau de vie du ménage, observe l’IPP.
Seuls le gel ou la sous-indexation des pensions réduiraient directement les dépenses du système de retraite. Une hausse de la CSG ou la suppression, voire la réduction, de l’abattement n’amélioreraient sa situation financière que si leur produit lui était réaffecté.
Journaliste spécialisé immobilier






