En France, les sociétés civiles de placement immobilier ont collecté 2,7 milliards d’euros au premier semestre 2026, en hausse de 2,6% sur un an. Mais plus d’un fonds sur deux a réduit ses versements, dans un marché où la liquidité reste tendue.
SCPI : la collecte tient, mais 53% des fonds baissent leur acompte

Les SCPI tiennent leur cap, malgré un coup de frein au deuxième trimestre. Selon les données publiées le 5 août 2026 par l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim) et l’Institut de l’épargne immobilière et foncière (IEIF), la collecte brute des sociétés civiles de placement immobilier atteint 2,7 milliards d’euros sur le semestre, soit un rythme annualisé de 5,6 milliards qui ramène le marché à son régime de 2018, avant l’emballement des années 2019 à 2022.
Le printemps a toutefois marqué le pas : 1,3 milliard d’euros ont été souscrits entre avril et juin, contre 1,4 milliard au premier trimestre, soit un repli de 5,1% sur trois mois et de 1,6% sur un an. La collecte nette résiste mieux, à 2,2 milliards d’euros sur six mois, en hausse de 2,5%, malgré un deuxième trimestre à 1,1 milliard (-7,4%).
Plus d’un fonds sur deux rabote son acompte
Le taux de distribution pondéré ressort à 2,30% sur le semestre, quasi stable par rapport à 2025 (2,29%). Derrière cette moyenne, l’acompte versé recule de 7% sur un an : 53% des SCPI ont réduit leur distribution, de 14% en moyenne, quand 47% l’ont maintenue ou augmentée. Les plus exposées aux bureaux franciliens pâtissent des départs de locataires et des renégociations de loyers à la baisse.
Le prix de part moyen cède, lui, 2,4%. La stabilité domine du côté des SCPI à capital variable, avec une seule baisse de prix de souscription pour cinq hausses, quand le prix moyen des SCPI à capital fixe chute de 33% depuis janvier.
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1,9 milliard d’euros de parts toujours en attente
La résistance de la collecte ne signe pas la fin des tensions sur la liquidité. Au 30 juin, la valeur des parts en attente de retrait atteint 1,9 milliard d’euros, soit 2,2% de la capitalisation du marché. Le stock a certes fondu de 31% depuis fin décembre, soit environ 870 millions d’euros.
Mais cette baisse tient aux onze SCPI ayant suspendu temporairement la variabilité de leur capital : carnets d’ordres réinitialisés et parts réinscrites sur des marchés secondaires expliquent un recul de 1,2 milliard d’euros.
Chez les SCPI restées à capital variable, le stock a au contraire gonflé de 330 millions d’euros depuis janvier. Les échanges demeurent soutenus, avec 489 millions d’euros de rachats compensés et de parts échangées, soit 18% de la collecte brute.
Les SCPI diversifiées concentrent 71% de la collecte
Cette dynamique profite inégalement aux stratégies. Les fonds diversifiés captent 70,9% des souscriptions du semestre, contre 64% un an plus tôt. Les SCPI de bureaux arrivent loin derrière (21,5%), devant la logistique et les locaux d’activité (2,6%) et la santé et l’éducation (2,4%).
Les commerces ne représentent que 1,3% de la collecte, devant le résidentiel (0,8%) et l’hôtellerie, le tourisme et les loisirs (0,5%). L’offre continue parallèlement de s’étoffer : huit projets de création de SCPI ont été identifiés depuis janvier.
Au 30 juin, la capitalisation du marché s’établit à 86 milliards d’euros, en repli de 3% sur un trimestre et de 1% sur un an.
Journaliste spécialisé immobilier












