Le taux de rémunération du Livret A, actuellement fixé à 1,50%, pourrait mécaniquement être relevé lors de sa prochaine révision. À moins qu’un accord de paix solide entre l’Iran et les États-Unis ne fasse retomber l’inflation.
Livret A et LEP : incertitudes sur le taux au 1er août 2026

Le Livret A rapportera-t-il plus à partir du 1er août prochain ? C’est fort probable en cas de maintien des prix des carburants à un niveau élevé et d’effets en cascade sur les prix. Fixé à 1,50% depuis le 1er février 2026, après plusieurs baisses successives, le taux de rémunération du livret d’épargne préféré des Français pourrait enfin remonter : il s’établirait à 1,80% d’après les calculs de ToutSurMesFinances.com, en tenant compte d’une poursuite de la hausse des prix à la consommation de 2,5% en mai et juin (contre 2,2% en avril) et d’un maintien du taux interbancaire €STR au niveau actuel, soit 1,93%. Toutefois, ces hypothèses sont entachées de nombreuses incertitudes.
Prochaine révision décidée mi-juillet
Le taux du Livret A est en principe révisé deux fois par an au 1er février et au 1er août par le ministre de l’Économie, sur proposition du gouverneur de la Banque de France. La prochaine révision semestrielle sera décidée mi-juillet, après la publication des données d’inflation définitives mesurées par l’Insee pour le mois de juin. Cette proposition tient compte de deux paramètres : l’indice des prix à la consommation hors tabac et le taux €STR, dont on calcule la moyenne sur les six derniers mois.
Or, le niveau d’inflation est difficilement prévisible. La Banque de France a établi – fait rare – trois scénarios de hausse des prix pour cette année (+ 1,7%, + 2,5% ou + 3,3%) en fonction de l’ampleur et de la persistance du conflit entre l’Iran et la coalition États-Unis-Israël. Dans sa note de conjoncture publiée en mars, l’Insee a évoqué un risque de regain d’inflation « au-delà de 3% d’ici juin dans la zone euro ». Toutefois, la signature d’un accord de paix entre les belligérants assortie d’une réouverture du détroit d’Ormuz favoriserait une chute rapide des prix des hydrocarbures. Le gouvernement veillerait à ce que celle-ci soit rapidement répercutée dans les prix à la pompe.
Le caractère temporaire du regain d’inflation donnerait des arguments au gouverneur de la Banque de France pour laisser le taux du Livret A inchangé. Reste qu’une issue favorable et rapide du conflit demeure hypothétique.
Décision finale qui appartient au ministre de l’Économie
Autre facteur d’incertitude : l’attitude du futur gouverneur de la Banque de France. François Villeroy de Galhau va laisser sa place en juin. Son probable remplaçant sera Emmanuel Moulin, actuel Secrétaire général de l’Élysée, choisi par Emmanuel Macron, sous réserve du feu vert du Parlement. Le nouveau titulaire du poste suivra-t-il la ligne de son prédécesseur, qui a, dans ses propositions au ministre, dérogé à plusieurs reprises à la formule de calcul et soutenu le taux du Livret d’épargne populaire (LEP) ces dernières années – 2,50% actuellement – pour en favoriser la diffusion ?
Last but not least, le taux du Livret A dépendra aussi de la politique de taux de la Banque centrale européenne (BCE) en juin, qui déteint sur le taux €STR. Ce dernier variera en fonction de l’évolution du taux de dépôt, actuellement fixé à 2%, le marché anticipant une remontée à 2,25% avec une probabilité de 85%.
Quels que soient les niveaux d’inflation et du taux €STR en juin, la situation au Moyen-Orient ou la recommandation du futur gouverneur de la Banque de France, le ministre de l’Économie aura le dernier mot : c’est à lui qu’incombe la décision de fixer le taux du Livret A et du LEP, en fonction des paramètres du moment.
Rédacteur en chef spécialisé placements et fiscalité











