Selon les dernières statistiques de l’Insee, le pouvoir d’achat des Français a progressé d’environ 13% entre 2017 et 2024. Pourtant, la plupart de nos compatriotes ont l’impression qu’il a baissé. Un récent rapport parlementaire fait le point.
Votre pouvoir d’achat est-il vraiment en hausse ?

Le pouvoir d’achat des Français augmente-t-il réellement ? C’est la question à laquelle a voulu répondre un rapport d’information présenté le 4 mai 2026 à la Commission des Finances de l’Assemblée nationale.
D’après les chiffres officiels les plus récents de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le pouvoir d’achat, c’est-à-dire la quantité de biens et de services qu’un revenu permet d’acheter, a progressé de près de 13% sur la période 2017-2024. Pour les deux rapporteurs, ce pourcentage ne reflète pas exactement la réalité.
La médiane, en plus de la moyenne
Pour mesurer tous les trimestres le pouvoir d’achat des Français, l’Insee s’appuie sur le revenu disponible brut (RDB). Le RDB correspond à l’addition des revenus professionnels (salaires des salariés, traitements des fonctionnaires, bénéfices nets des indépendants), des revenus financiers (intérêts, plus-values, dividendes), des revenus fonciers (loyers perçus) et des prestations sociales (allocations familiales, allocations logement…), desquels sont soustraits les cotisations et contributions (CSG, CRDS…), ainsi que les impôts (impôt sur le revenu, taxe foncière, IFI).
Les députés souhaiteraient que l’Insee utilise plutôt le salaire net pour mesurer le pouvoir d’achat des Français. Surtout, ils préconisent que l’institut de la statistique indique le RDB médian, en plus du RDB moyen. On connaîtrait ainsi le niveau de revenu disponible au-dessus duquel se situeraient 50% des revenus et au-dessous duquel se trouveraient 50% des revenus restants.
Le poids des dépenses contraintes
Cette médiane permettrait de disposer d’une photo plus juste du pouvoir d’achat des ménages, estiment les deux parlementaires. En 2023, les 10% des foyers les plus modestes ont ainsi connu une baisse de leur niveau de vie de 1% en euros constants (en prenant en compte l’inflation).
Enfin, ils militent pour mettre davantage en avant les dépenses contraintes (alimentation, transport, logement…). En 2022, elles ont représenté environ 77% du revenu disponible des 10% des ménages les plus modestes, contre moins de 20% du revenu disponible pour les 10% des foyers les aisés.
Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite











