Cumuler sa retraite et un revenu d’activité ne va prochainement plus autant rapporter. Si vous êtes proche de la retraite et que vous prévoyez de continuer à travailler une fois retraité, le calendrier de votre départ mérite réflexion.
Cumul emploi-retraite : un dispositif bientôt nettement moins intéressant

Vous envisagez de poursuivre ou de reprendre une activité professionnelle à la retraite ? Prenez garde à votre date de départ. Le cumul emploi-retraite (CER), ce dispositif qui permet de percevoir à la fois une pension de vieillesse et un revenu d’activité, va être profondément remanié pour toutes les retraites prenant effet à compter du 1er janvier 2027.
Cette refonte découle de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026, le texte qui a, par ailleurs, suspendu la dernière réforme des retraites. La Direction de l’information légale et administrative (DILA), rattachée aux services du premier ministre, en précise les contours dans une note mise en ligne le 22 mai 2026 sur Service-public.gouv.fr.
Votre âge de départ, nouveau juge de paix
Le grand bouleversement tient en une phrase : ce n’est plus votre durée de cotisation, mais votre âge de départ qui déterminera vos droits au cumul. Si vous liquidez votre pension avant l’âge légal (fixé de 62 à 64 ans selon votre année de naissance), notamment dans le cadre d’une retraite anticipée, vos revenus d’activité seront intégralement déduits de votre pension. Autrement dit, travailler ne vous rapportera rien de plus.
Entre l’âge légal et 67 ans, l’âge de retraite à taux plein (sans décote), le cumul restera possible, mais sous conditions. Vos revenus professionnels ne devront pas excéder 7 000 euros par an. Au-delà de ce seuil, votre pension sera amputée de 50% de la fraction dépassant cette limite.
67 ans, le sésame du cumul sans limite
Vous comptez partir à 67 ans ou plus tard ? Vous serez alors le grand gagnant de la réforme. Non seulement vous pourrez cumuler sans aucun plafond votre retraite et vos revenus d’activité, mais, en outre, les cotisations vieillesse versées au titre de votre nouvelle activité vous ouvriront des droits à une seconde pension.
L’intention du législateur est claire : vous encourager à travailler, et donc à cotiser, plus longtemps. Les parlementaires ont aussi voulu corriger ce qu’ils considéraient comme une injustice. Le système actuel avantage en effet les carrières complètes et pénalise doublement les retraités auxquels il manque des trimestres : leur pension subit une décote et leurs possibilités de cumul sont restreintes.
Partir avant 2027 : un calcul à faire sans tarder
Aujourd’hui, les modalités du CER dépendent de votre durée d’assurance, c’est-à-dire du nombre de trimestres exigés pour une retraite sans décote. Si vous justifiez de tous vos trimestres, vous bénéficiez du cumul intégral, sans aucune limite. Dans le cas contraire, le cumul est plafonné selon votre ancien statut : 1,6 fois le Smic mensuel en vigueur le 1er janvier pour les salariés du privé (2 916,84 euros par mois en 2026), 50% du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) pour les artisans et commerçants (24 030 euros par an en 2026) ou 100% du PASS pour les professions libérales (48 060 euros par an en 2026). En cas de dépassement, l’excédent est retranché de votre pension.
Globalement moins favorables, les futures règles ne concerneront pas les pensions liquidées avant le 1er janvier 2027, retraités actuels inclus. Si vous approchez de la retraite, vous avez donc intérêt à déterminer rapidement si un départ dès cette année est plus avantageux pour vous. Attention au délai : il est recommandé de déposer votre demande de retraite au plus tard quatre mois avant la date de départ envisagée.
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Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite











