Les Français consacrent plus de 14% de leurs revenus à la santé

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 3 minutes
Un homme malade dans le canapé de son salon

Selon une étude publique, les dépenses de santé représentent, en moyenne, 14,4% des revenus de nos compatriotes. Les plus modestes dépensent proportionnellement presque autant que les plus aisés.

La santé constitue un poste de dépense non négligeable pour les Français. Selon une enquête rendue publique le 5 novembre 2026 par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) qui dépend des ministères sanitaires et sociaux, nos compatriotes consacrent, en moyenne, 14,4% de leurs revenus au financement des soins.

Ce pourcentage comprend les contributions sociales (CSG, CRDS), les cotisations d’assurance maladie, les franchises médicales sur les médicaments et les participations forfaitaires sur les consultations qui financent la Sécurité sociale, ainsi que les primes des complémentaires santé. Il intègre aussi le reste à charge, c’est-à-dire la part des dépenses de santé restante une fois déduits les remboursements de l’Assurance maladie et de la « mutuelle ». Contre toute attente, il varie peu selon les niveaux de ressources des personnes.

Moins de couverture pour les moins aisés

En effet, les dépenses de santé représentent 13,5% des revenus des 10% des ménages les plus modestes, contre 14,4% des revenus des 10% des ménages les plus aisés. Le coût de la santé pour les premiers est donc quasiment identique à celui des seconds. Ce résultat peut paraître étonnant, alors qu’a été mise en place la complémentaire santé solidaire (C2S), une « mutuelle » gratuite pour les foyers les plus modestes.

En réalité, tous les bas revenus ne bénéficient pas de la C2S. Or, avec un montant moyen annuel des primes des complémentaires santé de 1 270 euros par ménage, 7% des Français les plus modestes ne disposent pas d’une mutuelle, contre 3% pour l’ensemble de la population. Résultat : alors que le reste à charge représente, en moyenne, 0,7% des revenus, le ratio grimpe à 1,1% pour les foyers les moins aisés. Dit autrement, moins on gagne et plus, proportionnellement, la part des dépenses de santé non remboursées est importante.

Un reste à charge plus faible chez les plus riches

A contrario, le reste à charge des 10% des Français les plus fortunés représente seulement 0,5% de leurs revenus. Logique : débourser 100 euros de sa poche ne constitue pas le même effort lorsque lorsqu’on dispose de 1 500 euros de revenus par mois ou de 15 000 euros de revenus par mois.

En outre, les plus aisés peuvent se permettre de souscrire des complémentaires santé « chères » aux garanties généreuses qui réduisent fortement, voire totalement, leur reste à charge. Cet « investissement » vaut le coût sachant que la mutuelle représente 1,3% des revenus des 10% les plus riches, versus 3,4% pour les 10% les plus pauvres.

Les seniors moins mis à contribution

Autre idée battue en brèche par l’étude de la Drees : alors que les frais de santé des 65 ans et plus sont logiquement plus élevés, ils consacrent une proportion moins importante de leurs revenus à ce poste de dépense (11%, contre 14,4%), et ce, en dépit des primes conséquentes des mutuelles seniors. Les retraités contribuent, il est vrai, moins au financement de la Sécurité sociale. La CSG prélevée sur les retraites est inférieure à celle appliquée sur les salaires et seules les pensions complémentaires sont assujetties aux cotisations d’assurance maladie.

Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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