Retraite des parents : ce qui va changer pour vous à la rentrée

Par Loic Farge
Temps de lecture : 3 minutes
Les trimestres liés aux enfants compteront davantage dans le calcul de la retraite à partir du 1er septembre 2026

Deux décrets renforcent la prise en compte des trimestres de retraite liés aux enfants. Dès le 1er septembre 2026, certains parents pourront partir plus tôt ou bénéficier d’une pension plus élevée.

Élever des enfants pèsera moins sur la retraite. Deux décrets, publiés au Journal officiel du 31 juillet 2026, mettent en œuvre des dispositions de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. L’objectif principal est de réduire les écarts de retraite entre les femmes et les hommes.

Jusqu’à deux trimestres liés aux enfants pour la carrière longue

Le décret n° 2026-700 assouplit les conditions d’accès au départ anticipé pour carrière longue (RACL). Ce dispositif exige un nombre minimal de trimestres cotisés. Or certains trimestres liés à la parentalité n’étaient pas pris en compte dans ce décompte, pénalisant les assurés ayant interrompu ou réduit leur activité pour élever leurs enfants.

À compter du 1er septembre 2026, deux d’entre eux au maximum pourront être retenus comme trimestres réputés cotisés. Le plafond s’applique par assuré, non par enfant : avoir une famille nombreuse ne permet donc pas d’aller au-delà de cette limite. Sont visés les trimestres accordés au titre de la maternité, de l’adoption, de l’éducation des enfants ou du congé parental.

La mesure concerne de nombreux assurés : les salariés du privé, les fonctionnaires, les salariés et non-salariés agricoles, les professionnels libéraux et les avocats. Plusieurs régimes spéciaux sont également concernés (SNCF, RATP, Banque de France, Comédie-Française, clercs de notaires…).

Un calcul plus favorable pour la retraite

Le décret n° 2026-699 modifie, lui, le montant de la pension. Dans les régimes où celle-ci repose sur les 25 meilleures années de revenus, seules les 24 meilleures seront retenues avec un enfant, puis 23 à partir de deux.

Écarter une à deux années moins rémunératrices peut relever le revenu annuel moyen et, par conséquent, améliorer les droits à retraite. Le gain varie d’une trajectoire à l’autre. Il pourra notamment être plus sensible lorsque la carrière comporte des périodes de faible rémunération, liées par exemple au temps partiel. Sont concernés le régime général, les assurés relevant du Fonds spécial des pensions des ouvriers des établissements industriels de l’État (FSPOEIE) et les clercs de notaires. Les fonctionnaires d’État, dont la pension repose sur le traitement des six derniers mois, ne sont pas concernés par cette nouvelle règle.

Un trimestre par enfant pour certaines fonctionnaires

Le même texte crée une bonification d’un trimestre par enfant pour les femmes affiliées à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL, qui couvre les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers), ainsi qu’à certaines ouvrières de l’État.

Pour en bénéficier, la femme doit avoir accouché après son recrutement, l’enfant devant être né à partir du 1er janvier 2004. Lorsqu’une majoration de durée d’assurance existe déjà pour celui-ci, un trimestre relève désormais de cette nouvelle bonification.

Contrôle impératif du relevé avant toute demande

Des trois mesures, seule cette bonification cible spécifiquement les femmes. Pour la carrière longue et le calcul des meilleures années, les nouvelles règles concernent aussi bien les pères que les mères remplissant les conditions requises. Dans les faits, ces dernières devraient toutefois profiter davantage de ces évolutions, notamment en raison des trimestres qui leur sont attribués au titre de la maternité.

Les deux décrets sont entrés en vigueur le 1er août, mais leurs principales dispositions s’appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre. Les retraites antérieures à cette date ne seront pas recalculées selon ces nouvelles règles. Ces textes ne prévoient pas de démarche spécifique pour en bénéficier. Avant de déposer leur demande, les futurs retraités ont toutefois intérêt à vérifier leur relevé de carrière.

Loic Farge

Loic Farge

Journaliste spécialisé immobilier

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