Retraite : pour une dose de capitalisation

Par Jean-Philippe Dubosc
Temps de lecture : 3 minutes
Des jeunes salariés travaillent dans un open space

Pour financer les retraites, les gestionnaires d’actifs financiers proposent qu’une part des cotisations des salariés soit versée dans des fonds d’investissement bloqués jusqu’à leur retraite.

La France doit résoudre le problème du financement des retraites. Le pays fait face à la fois à une baisse de la natalité et à un allongement de l’espérance de vie. Un « effet ciseau » qui met à mal son système de retraite par répartition dans lequel les cotisations vieillesse des actifs financent immédiatement les pensions des retraités.

Selon le rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR) présenté le 11 juin 2016, alors que l’on comptait dans l’Hexagone un peu plus de quatre cotisants pour un pensionné au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le ratio est tombé aujourd’hui à 1,8 cotisant pour un retraité et pourrait chuter à 1,4 en 2070. Le système par répartition est donc condamné à enregistrer de moins en moins de recettes pour de plus en plus de dépenses.

Un second régime de retraite complémentaire

D’où la proposition de l’Association française de la gestion financière (AFG) de mettre en place une dose obligatoire de capitalisation, dans lequel les cotisations des actifs financent leurs propres rentes. Dans un Livre blanc rendu public le 17 juin, l’AFG milite pour l’instauration d’un peu de « capi », sans pour autant remettre en cause le système par répartition.

Cette association, qui représente les sociétés de gestion implantées en France, propose de garder le régime de retraite de base et le régime de retraite complémentaire qui fonctionnent par répartition et d’y ajouter un régime de retraite complémentaire par capitalisation. Pour éviter une augmentation des charges sociales qui réduirait le pouvoir d’achat des salariés, une part des cotisations à leur régime complémentaire Agirc-Arrco serait versée dans un second régime complémentaire.

Des fonds « générationnels » bloqués jusqu’à la retraite

Géré comme pour l’Agirc-Arrco par le patronat et les syndicats, il serait composé de fonds « générationnels ». En fonction des générations des salariés et donc de leur âge de départ à la retraite, ces fonds disposeraient chacun d’un horizon de placement différent.

Plus cet horizon sera lointain et plus l’allocation du fonds pourra être risquée, c’est-à-dire investie dans des actions d’entreprises cotées. À l’approche de la retraite, l’allocation sera sécurisée, via des investissements dans des obligations et/ou du monétaire. Les fonds seront bloqués jusqu’à la retraite et ne pourront être liquidés qu’en rente viagère (une somme calculée en fonction de l’épargne capitalisée et de l’espérance de vie et servie régulièrement jusqu’au décès).

Pour les salariés de moins de 40 ans

L’AFG propose que les fonds générationnels soient mis en place pour les salariés âgés de moins de 40 ans, l’horizon de placement n’étant pas assez lointain pour être rentable pour les salariés plus âgés. Cela représente 50% des salariés et 40% des cotisations à l’Agirc-Arrco.

Enfin, l’association professionnelle souhaite que le plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERCOL) devienne obligatoire pour les entreprises employant au moins 10 salariés, contre au moins 50 salariés aujourd’hui. Elle recommande que 15% de la prime de participation et de la prime d’intéressement soient obligatoirement versés sur les PERCOL qui proposent, à la retraite, une sortie en capital et/ou en rente.

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Jean-Philippe Dubosc

Jean-Philippe Dubosc

Rédacteur en chef spécialisé dans la retraite

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